En septembre 2011, un jeune homme indien de 33 ans, surnommé "Babu", meurt électrocuté sur les rails du métro parisien.
En septembre 2011, un jeune homme indien de 33 ans, surnommé "Babu", meurt électrocuté sur les rails du métro parisien. © MaxPPP

Cette histoire a marqué les esprits. En septembre 2011, un jeune homme indien de 33 ans, surnommé "Babu", meurt électrocuté sur les rails du métro parisien.

"Babu", de son vrai nom Rajinder Singh, avait d'abord été présenté dans la presse comme "le héros du métro", poussé sur la voie pour avoir voulu protéger une jeune femme et s'en était suivi un élan de sympathie nationale. Mais le héros n'en était pas un.

"Babu" avait porté les premiers coups

Rapidement, la vidéo surveillance avait démontré que "Babu" avait porté les premiers coups. L'homme qui l'a poussé sur les rails du métro ce soir-là est jugé à partir de ce lundi après-midi par la cour d'assises de Paris. Poursuivi pour "violences volontaires ayant entraîné la mort", Mohamed Fayed, qui a aujourd'hui 27 ans, assure avoir agi en état de légitime défense.

L'époque manque sans doute cruellement de héros, pour que tout le monde se soit emballé autour de cette histoire. Celle d'un jeune indien rentrant du travail, mort électrocuté pour s'être interposé entre un voleur de portable et une jeune femme.

Babu est ivre ce soir-là

Mais les analyses et la vidéo surveillance racontent tout autre chose. Babu est ivre ce soir-là, il a 2,3 grammes d'alcool par litre de sang. Accompagné de 6 amis, c'est lui qui insulte Mohamed Fayed, un jeune égyptien de 22 ans qui distribue des bonbons aux passagères. Sur le quai de la station Crimée, la dispute dégénère, Babou porte les premiers coups. Mohamed Fayed le repousse violemment, avant de s'enfuir.

Le responsable, c'était l'alcool, un témoin

Aux policiers, un témoin explique que vu la distance qui le séparait du quai, Babou ne serait pas tombé sur la voie s'il n'avait pas titubé. "Le responsable, c'était l'alcool" assure-t-il. La juge d'instruction a pourtant estimé les charges suffisantes pour renvoyer Mohamed Fayed aux assises, notamment parce qu'il aurait pu quitter les lieux sans risque. Ce que conteste l'accusé, actuellement incarcéré dans le cadre d'une autre affaire de violences. L'accusé encourt 15 ans de réclusion criminelle.

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