Huit ans après les faits, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a finalement rejeté la qualification "terroriste" dans l'affaire du "groupe de Tarnac".

Vue aérienne du village de Tarnac
Vue aérienne du village de Tarnac © Maxppp / P. Chareyron

Le parquet général a cinq jours pour se pourvoir en cassation, mais il y a de fortes chances que la piste terroriste soit définitivement abandonnée dans cette affaire, liée à des sabotages de lignes SNCF en 2008. La qualification "terroriste" a été rejetée pour le renvoi en correctionnelle de trois des huit prévenus.

Marie Dosé, avocate de Yildune Lévy et Gabrielle Hallez, s'est réjouie de la décision de la cour d'appel, dans laquelle elle voit "un désaveu du parquet après sept années d'acharnement".

Une page est tournée, celle de la qualification terroriste. Le seconde est celle de la culpabilité, nous espérons obtenir la relaxe.

Le parquet de Paris avait requis le renvoi devant un tribunal de trois des huit prévenus pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Cette qualification était requise pour Julien Coupat, présenté comme "l'idéologue" et "animateur" du "groupuscule" d'ultra-gauche, sa compagne Yildune Lévy, et son ex-petite amie Gabrielle Hallez.

Mais la juge d'instruction chargée du dossier n'avait pas suivi ces réquisitions, en décidant de les renvoyer pour simple association de malfaiteurs, et le parquet avait fait appel. Pour le parquet, les faits commis à l'encontre du réseau ferré français "s'inscrivaient dans le cadre d'un plan concerté" par un "groupuscule à l'idéologie extrémiste dont quelques membres allaient basculer dans le terrorisme". Il suivait ainsi la position de la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, alors très virulente face au groupe de Tarnac. Dans un contexte de tension, Julien Coupat avait passé sept mois en prison avant d'être libéré.

Les sabotages en question n'avaient fait aucun blessé. Mais "la finalité terroriste du groupuscule ne saurait être nuancée par l'absence de victimes humaines", estimait dans ses réquisitions le ministère public. Le représentant de la SNCF avait estimé en 2009 que le préjudice provisoire pouvait être évalué à près de 66.000 euros pour la seule nuit du 25 au 26 octobre 2008.

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