Le conducteur de chasse-neige, accusé d’être à l’origine du crash de l’avion du PDG de Total, Christophe de Margerie, à Moscou en 2014, pourrait être fixé sur son sort ce mardi.

Le PDG de Total, Christophe de Margerie, mort dans le crash de son avion le 20 octobre 2014 à Moscou.
Le PDG de Total, Christophe de Margerie, mort dans le crash de son avion le 20 octobre 2014 à Moscou. © Maxppp / Zhang Yuwei

20 octobre 2014. Christophe de Margerie,le PDG de Total, la compagnie pétrolière française, meurt dans le crash de son avion à Moscou au moment du décollage. Son Falcon percute un chasse-neige à l'aéroport Vnoukovo. L’appareil bascule sur le côté droit avant de s'écraser. Les deux pilotes et une hôtesse de l'air meurent également dans ce crash. Le conducteur du chasse-neige, Vladimir Martynenko, était ivre au moment de l’accident : il avait 0,6 gramme d'alcool par litre de sang.

Qui est responsable ?

Cinq employés de l'aéroport – le conducteur du chasse-neige, les contrôleurs aériens Alexandre Krouglov et Nadejda Arkhipova, l'ingénieur Vladimir Ledenev et le responsable du contrôle des vols Roman Dounaïev – sont poursuivis.

Le conducteur du chasse-neige et l'ingénieur, accusé pour sa part de ne pas s'être assuré que la piste de décollage et d'atterrissage était dégagée, ont tous les deux plaidé coupable. Ils sont restés onze mois en détention provisoire et sont désormais en liberté surveillée. Une procédure spéciale a été mise en place, avec un examen accéléré de l'affaire. Une première lecture a lieu ce mardi et la juge pourrait rendre son verdict dans la journée.

Les trois autres accusés sont soupçonnés de ne pas avoir réagi lorsque le chasse-neige était sur la piste, et de ne pas avoir respecté les normes de sécurité. Leur cas a été renvoyé au Parquet pour être réexaminé.

Une série de négligences

Selon le Comité intergouvernemental de l'aviation qui enquête sur tous les accidents aériens en Russie, le crash ne résulte pas "d'un tragique concours de circonstances, mais d'une négligence criminelle des fonctionnaires". Dans un rapport rendu public en octobre 2016, le comité estime qu’il y a eu plusieurs manquements aux règles de sécurité, et que le personnel était "insuffisamment formé".

Les enregistrements issus des boîtes noires de l’avion et les caméras de vidéo-surveillance ont montré que les pilotes avaient bien vu le chasse-neige sur la piste avant qu'il ne disparaisse de leur champ de vision. Ils avaient pourtant poursuivi la procédure de décollage.

Un "vrai ami"

Après le crash, le président russe Vladimir Poutine avait rendu hommage à Christophe de Margerie, considéré comme un "vrai ami" de la Russie. Total est présent dans ce pays clé depuis 1991 et ambitionne d'en faire sa première source de production d'hydrocarbures d'ici à 2020. Christophe de Margerie avait d'ailleurs critiqué les sanctions économiques "injustes" imposées à la Russie. Depuis le 29 juillet 2014, les sanctions prononcées par l'Union européenne interdisaient à ses membres tout investissement, notamment en matière énergétique, en Russie et en Crimée.

Signe que l'idylle entre Total et la Russie a survécu à Christophe de Margerie, le 5 juin à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine était présent au baptême d'un méthanier brise-glace géant baptisé "Christophe de Margerie".

Vladimir Poutine était présent au baptême d'un méthanier brise-glace géant baptisé "Christophe de Margerie".
Vladimir Poutine était présent au baptême d'un méthanier brise-glace géant baptisé "Christophe de Margerie". © Maxppp / OLGA MALTSEVA / POOL
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