Au fil des témoignages, on découvre ce continent inconnu (en tous cas de nous) : celui du petit personnel d’une grande maison, l’hôtel particulier de la rue Delabordère à Neuilly.

Il y a le vocabulaire, d’abord : on appelle les dames par le prénom de leur mari, ainsi Françoise Bettencourt Meyers est-elle « madame Jean-Pierre ». Liliane, c’est « madame » tout court.

Les fonctions, ensuite. Le matin, la femme de chambre de madame « fait les ensembles », c'est-à-dire qu’elle choisit les différentes tenues de sa patronne, en fonction de ses rendez-vous. Dans la journée, elle « fait le téléphone », comprenez qu’elle « traduit » à madame, malentendante, les propos de ses interlocuteurs. Le soir, quand madame est sortie, elle « fait la couverture » : elle prépare la chambre pour la nuit, range ce qui traîne, ouvre le lit. Les horaires d’une femme de chambre ? 9 heures -22 heures, voire plus tard si madame est sortie. Pas question de partir plus tôt, il faut attendre son retour.

Enfin, il y a les inévitables guerres de clans, mesquineries, relations amoureuses propres à toute micro-société… Tout y tourne autour des patrons : qui est le favori, qui est sur le point d’être répudié ? Une ambiance qui évoque immanquablement « Gosford Park » de Robert Altman, ou la série « Downtown Abbey », qui se passent dans les années 20-30. Comme si rien n’avait vraiment changé chez le petit personnel des grands de ce monde.

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