Ils font par ailleurs l’objet d’une autre procédure et d’un procès à venir pour atteinte à l’intimité de la vie privée. Mais les enregistrements, réalisés clandestinement par l’ancien majordome des Bettencourt dans le salon où la milliardaire recevait ses visiteurs, sont au cœur de ce dossier par abus de faiblesse.

De temps à autre, le tribunal propose donc la diffusion d’extraits de ces 21 heures de bandes son. Les écrans géants sont abaissés, la retranscription écrite projetée et les hauts parleurs activés.

Et la grosse centaine de personnes – cela varie selon le programme de l’audience du jour – est alors plongée au cœur de l’intimité d’une des plus grosses fortunes mondiales. Liliane Bettencourt n’est pas là pour assister au spectacle. Pas plus que sa fille ou ses petits-fils parties civiles qui ont déserté le tribunal. Mais les interlocuteurs de la milliardaire, eux, sont bel et bien présents.

On a ainsi vu le grand Patrice de Maistre se recroqueviller sur sa chaise à l’évocation des comptes en Suisse. On l’a vu déplorer à la barre les rires de l’assistance lorsqu’on l’entend inciter Liliane Bettencourt à financer la campagne de Valérie Pécresse au conseil de Paris : « elle va perdre. Mais il faut la soutenir. »

Et puis, aujourd’hui, c’est au tour de Me Normand, notaire familial des Bettencourt et prévenu dans l’affaire, de voir sa conversation avec Liliane Bettencourt offerte à toutes les oreilles. Il y est question, en ce jour de mars 2010, du nouveau mandat de protection future que l’héritière de L’Oréal signera un peu plus tard au profit de Patrice de Maistre et Gilles Brücker. La conversation dévie sur « euh … comment s’appelle-t-il ? … l’écrivain », demande Liliane Bettencourt.

Puis, l’échange prend un ton plus personnel. Et votre femme ?, interroge Liliane Bettencourt. « Elle lit beaucoup, elle peint, elle apprend le russe », Me Normand ne tarit pas d’éloges. Dans la salle … Mme Normand, qui assiste au procès depuis le premier jour. « Il est mignon », lui souffle une de ses voisines.

Sur les bandes, conversation se poursuit.

Liliane Bettencourt : « vous avez des enfants ? » Deux fils, dont l’un est marié à « une Russe explosive ». Rires, regards qui se tournent. Le fils est, lui aussi, sur les bancs du public.

La conversation se poursuit encore : « la plupart des hommes politiques sont des voyous », assène le vieux notaire.

Eric Woerth, lui, n’est plus dans la salle.

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