Le juge Bernard Bonnel en 2006
Le juge Bernard Bonnel en 2006 © Maxppp / Rémy Gabalda

Bernard Borrel est ce magistrat assassiné à Djibouti le 19 octobre 1995. Mohamed Alhoumekani, l'ancien responsable de la garde présidentielle de Djibouti et témoin clé de l'affaire, a été victime d'une tentative d'assassinat ce matin.

C’est une scène de western qui s’est déroulée ce matin au Yémen.

Alors qu’il devait rencontrer le gouverneur de la province d’Al Bayda, au sud du pays, Mohamed Alhoumekani a été visé par des tirs nourris de kalachnikovs. "Des policiers postés à l’entrée ont fait feu. Ils ont visé dans ma direction. Heureusement, seule ma voiture a finalement été touchée, mais j’aurais pu y rester !", nous déclare Alhoumekani, que nous avons joint au Yémen.

Ancien responsable de la garde présidentielle de Djibouti, Mohamed Alhoumekani, est un témoin clé dans l’affaire de l’assassinat du magistrat, Bernard Borrel, le 19 octobre 1995.

Alhoumekani, le témoin gênant

Cette fusillade intervient alors que Mohamed Alhoumekani venait tout juste d’être libéré des prisons yéménites. Réfugié politique en Belgique, il avait été interpellé le 24 août dernier dès son arrivée à l’aéroport de Sanaa, alors qu’il voulait rendre visite à des proches. Ce sont les autorités de Djibouti qui réclament son arrestation et son extradition. Pour Djibouti, Alhoumekani est un témoin gênant puisqu’il met en cause l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, dans l’affaire Borrel. Selon nos informations, les autorités djiboutiennes ont d’ailleurs tenté de faire pression sur ce témoin clé pendant sa détention dans les geôles yéménites.

Pour l’instant, Mohamed Alhoumekani n’a pas le droit de quitter le territoire yéménite. Il estime que sa vie est en danger et lance un appel aux autorités françaises et belges : "Ici, je suis devenu une cible. Le Yémen est une prison à ciel ouvert. Tout le monde est armé. C’est la raison pour laquelle, je demande à la France et à la Belgique d’intervenir, et de faire pression sur le gouvernement yéménite pour que je puisse quitter le territoire."

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