Il voulait "finir le travail", mais "être mieux équipé avant de passer à l'action" : un document extrait de l'ordinateur jeté dans une poubelle de Bruxelles par les terroristes confirme la volonté d'Abdeslam de participer aux attentats, à Paris le 13 novembre comme en Belgique le 22 mars.

Forces de l'ordre près du Stade de France le 13 novembre 2015
Forces de l'ordre près du Stade de France le 13 novembre 2015 © AFP / François Guillot

"Je suis abu abderrahman celui qui a participer a la premiere attaque" (sic) : ainsi commence le texte que les experts de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication ont réussi à reconstituer. Les juges d'instruction parisiens chargés de l'enquête sur les attentats du 13 novembre leur avaient demandé de procéder à une analyse plus fouillée du disque dur de l'ordinateur retrouvé près du 4 rue Max Roos à Schaerbeeck. Un ordinateur portable que le commando de l'aéroport de Bruxelles avait jeté dans une poubelle, en quittant leur planque le 22 mars 2016.

"il y avait un défaut dans ma ceinture"

Le texte ne peut être daté, mais plusieurs éléments permettent de l'attribuer à Salah Abdeslam, car l'auteur parle de sa famille. Il demande même l'autorisation de lui rendre visite ("avec le maximum de précaution"). Le début évoque les attentats de Paris, et confirme que c'est son gilet explosif défectueux qui l'aurait empêché de passer à l'acte : "bien que j'aurai voulu être parmi les shahid [martyr], Allah en a décider autrement [...] et j'ai réussi à rejoindre le reste des frères car il y avait un défaut dans ma ceinture".

Salah Abdeslam aurait donc voulu commettre un attentat suicide à Paris comme son frère Brahim, qui s'est fait exploser devant un café boulevard Voltaire. Il relate qu'il a hésité à partir en Syrie, avant de rejoindre les autres membres de la cellule terroriste à Bruxelles : "J'ai pensé dans un premier temps de venir dans la terre du sham, mais en réfléchissant j'ai conclu [...] que la meilleure chose était de finir le travail ici avec les frères cependant j'aimerais juste pour l'avenir être mieux équipé avant de passer à l'action".

Le seul membre encore vivant du commando du 13 novembre évoque son "allégeance", vraisemblablement au groupe État islamique, et explique à son ou ses commanditaires pourquoi il n'est pas parti en Syrie avant : "lorsque j'ai voulu faire ma hijra on ma demande de ne pas la faire pour éviter que [je] sois griller car je devrais travailler ici avec mon frère (sic)".

Une expertise complémentaire récemment rentrée dans le dossier a confirmé que le gilet explosif abandonné par Salah Abdeslam à Montrouge dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 était défectueux. Salah Abdeslam, qui jusqu'ici refuse de répondre aux questions des juges d'instruction français, doit être jugé à partir du 5 février à Bruxelles pour la fusillade de Forest (15 mars 2016), quand il avait échappé une dernière fois aux policiers.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.