Leclerc Drive à Bruges (Gironde)
Leclerc Drive à Bruges (Gironde) © MaxPPP / Guillaume Bonnaud

D’après une enquête du Monde, la situation n’est pas nouvelle. L’enseigne fait appel à des chômeurs à qui elle promet un CDI. Leur formation est financée par des fonds publics, mais seule une petite partie est finalement embauchée. A Evry, onze anciens "stagiaires" et l’union locale CGT ont porté plainte contre X pour "escroquerie, offre d’emploi fausse, travail dissimulé, soumission de personnes vulnérables à des conditions incompatibles avec la dignité humaine et violences".

Leur histoire commence le 17 décembre 2013. 91 chômeurs ont été recrutés par Pôle Emploi et entament une formation dans un Leclerc franchisé de Fleury-Mérogis qui doit ouvrir quelques semaines plus tard. En guise de formation, ils auraient en mise en place des rayons, installé des étagères et fait le ménage pour permettre ensuite l’ouverture du "drive".

Un stage contre une promesse d’embauche, c’est une procédure assez habituelle. Ça s’appelle des"actions de formation préalables au recrutement" (AFPR) ou des"préparations opérationnelles à l’embauche" (POE). En théorie, elles doivent permettre (en 400 heures maximum) d’adapter les compétences du candidat à sa nouvelle mission. Pendant ce temps, il n’est pas rémunéré par l’entreprise, mais indemnisé par Pôle Emploi et par d’autres organismes publics. A Fleury-Mérogis, l’agence de formation aurait touché 190.000 euros.

Sauf qu’à Fleury-Mérogis, à peine le magasin ouvert et en tout juste une semaine, une quarantaine de ces "stagiaires" a été remerciée et sans avoir signé le CDI promis. Ce qu’on leur reproche ? Trop jeune, trop expérimenté, trop souriant…

Explication avec François Desplans

Des cas similaires à Auxerre, Montpellier, Narbonne et Nîmes

A Nîmes, 27 des 30 chômeurs sélectionnés ont été remerciés pendant leur période d’essai. A Auxerre, en 2013, l’enseigne n’a gardé que 16 des 25 stagiaires. Une action aux prudhommes est en cours, la décision doit être rendue le 5 mars.Cette méthode, Pôle Emploi la connaît. D’ailleurs, il assure ne plus travailler avec de nouvelles franchises Leclerc dans certaines zones (Bourgogne, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Hauts-de Seine). Il parle pourtant de « dérives isolées ». D’ailleurs sur le site pole-emploi.fr , il y a toujours des annonces du même genre pour participer à l’ouverture de « drive » dans différentes régions.

Sur son blog, Michel-Edouard Leclerc, PDG de l'enseigne éponyme, a accuséLe Monde de "dénigrement". Selon lui, les POE sont utilisées dans"des dizaines d'enseignes en France" et dans "tous les secteurs" . "S'il y a eu des abus, personne ne cautionnera et la justice sanctionnera" , a-t-il ajouté. Il précise que "les entreprises sous enseigne E.Leclerc sont gérées par des patrons indépendants, responsables notamment de leur politique sociale" .

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