Lingots d'or
Lingots d'or © Reuters

Le Luxembourg a livré à la justice des informations sur le compte caché de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, selon des documents révélés ce soir par Mediapart et que France Inter a pu consulter. Si la maire Les Républicains assure qu'il aurait été régularisé, c'est pourtant en liquide et en lingots que le compte a été vidé.

Il a fallu une dizaine de visites, discrètes, on l'imagine, à la banque privée Edmond de Rothschild de Luxembourg pour retirer les avoirs "familiaux" de Joëlle Ceccaldi-Raynaud. A chaque fois, la personne mandatée repart soit avec du cash, soit avec vingt ou trente lingots d'or... ce qui pèse autant en kilos. Entre octobre 2008 et avril 2009, ce sont donc 102 lingots d'or (ils valaient deux millions d'euros à l'époque, plus de 3,2 millions aujourd'hui), et plus de 860 000 euros en liquide, qui partent pour une autre destination. Joëlle Ceccaldi-Raynaud a expliqué au juge d'instruction de Nanterre, en juin 2013, qu'elle avait fait don de cet argent à sa fille (en 2004), qui l'aurait finalement rapatrié en France. D'après Médiapart, celle-ci ferait donc l'objet d'un redressement fiscal.

En octobre 2011, quand le Canard Enchaîné révèle l'existence de ce compte au Luxembourg, Joëlle Ceccaldi-Raynaud fait acheter quasiment tous les exemplaires du palmipède à Puteaux. A l’époque, la guerre des Ceccaldi fait rage. Joëlle, qui est encore députée (ancienne suppléante de Nicolas Sarkozy dans les Hauts-de-Seine), affronte la vindicte de son père, Charles, lui-même maire pendant 35 ans, puis évincé de l'hôtel de ville. Le tout sur fond de soupçons de pots de vins autour d'un marché de chauffage à La Défense.

Cette enquête, ouverte en 2002, a connu bien des vicissitudes. Cinq juges d’instruction se sont succédé, sans se montrer très actifs. A l’exception d’Isabelle Prévost-Desprez, qui en 2004 fait perquisitionner la mairie, et les bureaux du père et de la fille au Sénat et à l’Assemblée nationale (la magistrate a raconté en juin dernier à son procès que le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy lui avait ensuite retiré ses gardes du corps). Le dossier a déjà été clôturé deux fois, à chaque fois la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a ordonné sa réouverture. A ce jour Charles Ceccaldi-Raynaud est mis en examen, Joëlle est simplement témoin assisté. Il n'est pas prouvé que le compte luxembourgeois a été alimenté par des dessous-de-table.

Lire aussi (article payant) sur Médiapart " Les 102 lingots d'or de Madame la maire de Puteaux"

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