Dans l’affaire d’Outreau, il y a eu les enfants victimes de sévices sexuels. Parmi eux, Cherif, Dimitri et Jonathan sont (partiellement) présents à l’audience.

Puis, il y a les enfants des acquittés et de tous ceux qui, à un moment donné, ont été mis en cause dans le dossier. Ces enfants là on ne les entendra pas dans ce procès. Ces enfants là, pourtant, ont subitement été enlevés de leurs familles. Et placés.

Monique Fouquerolle, voisine d’immeuble des Delay, entendue dans l’affaire sans être poursuivie a ainsi vu ses enfants envoyés en famille d’accueil. Elle ne les a récupérés que progressivement, lorsqu’ils devenaient majeurs, expliquait-elle la semaine dernière à l’audience.

Hier, ce sont Sandrine Lavier er Karine Duchochois que l’on a vu fondre en larmes à l’évocation de leurs enfants. Toutes deux accusées puis acquittées dans l’affaire, c’est d’avoir été privées de leur enfant qui les torture encore aujourd’hui. « Depuis, Amanda est majeure, elle ne m’est toujours pas rendue », sanglote via la visioconférence Sandrine Lavier.

Karine Duchochois, elle, est arrivée à la barre déterminée. Elle confie d’ailleurs : « je suis arrivée ici en me disant « je suis super forte, ça me fait rien ». Avant d’ajouter : « mais si en fait. »

Et c’est alors que l’avocat général lui demande : « comment va votre fils aujourd’hui ? » que la mère de deux enfants craque. « Mon fils a 19 ans aujourd’hui. Il y a onze ans, il témoignait devant la cour d’assises de Saint-Omer. Mon fils, il est détruit. Il est complètement paumé.

C’est ce qui me fait le plus mal dans cette affaire là. »

Elle ajoute d’ailleurs : « il y a tous nos enfants qui ont souffert et qui ont été détruits avec cette affaire. »

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