Poursuivis pour blanchiment de fraude fiscale et corruption, Isabelle et Patrick Balkany ont vendu leur maison aux Antilles et la justice a aussi saisi leur propriété dans l'Eure, qui vaudrait plusieurs millions d'euros. Le patrimoine immobilier du couple est au cœur de l'enquête sur leur fortune.

Ils n'ont plus de passeport, le député-maire (Les Républicains) Patrick Balkany a perdu son immunité parlementaire, et voilà que la justice saisit maintenant leurs maisons.

Leur villa à Saint-Martin, dans les Antilles, saisie il y a déjà plusieurs mois, aurait été vendue, mais le fruit de cette opération sera récupéré par la justice. Et les juges ont également "ordonné la saisie" du moulin de Cossy, une propriété de quatre hectares avec piscine, court de tennis et green de golf, évaluée à plusieurs millions d'euros et située à Giverny (Eure), selon une information révélée par Charlie Hebdo.

Les Balkany contestent la légitimité de la justice à saisir ce bien, qui a fait l'objet d'une donation à leurs enfants. Ils ont donc fait appel.

Les explications de Corinne Audouin, du service police-justice.

Enquête sur leur fortune

Les époux Balkany ont longtemps nié être propritéaire de cette villa à Saint-Martin, mais Isabelle Balkany l'avait finalement admis, en garde à vue en mai 2014. Elle avait précisé qu'elle en avait hérité et que son mari n'était pas concerné par cette affaire.

Les juges se penchent aussi sur une autre villa, à Marrackech, au Maroc, non-déclarée aux services fiscaux. Les enquêteurs soupçonnent le couple de l'avoir acquise en se dissimulant derrière des sociétés écrans et d'avoir utilisé comme prête-nom l'un de leurs proches, Jean-Pierre Aubry, ancien directeur général de la société d'économie mixte d'aménagement de Levallois, la Semarelp.

Les déboires judiciaires des élus de Levallois-Perret sont nés des révélations d'un ancien allié politique du couple, Didier Schuller. Il avait remis aux magistrats plusieurs documents, parmi lesquels une attestation d'ouverture en 1994 d'un compte en Suisse par Patrick Balkany dans l'agence de Zurich de la banque ABN-Amro et des rapports de police de 1998 et 2001, dont le dernier se penche sur la villa de Saint-Martin.

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