Une éclisse à l'origine de la catastrophe de Brétigny-sur-Orge
Une éclisse à l'origine de la catastrophe de Brétigny-sur-Orge © Radio France

Le Figaro dévoile un rapport interne de la SNCF sur le drame de Brétigny-sur-Orge, qui a fait sept morts. On y apprend notamment que l'un des boulons de l'éclisse à l'origine du déraillement du train était manquant, sans doute avant l'accident.

Ce rapport révélé par nos confrères était destiné exclusivement "au président de la SNCF et aux fins de l'enquête en cours", explique une note jointe au document. Son contenu relance la piste d'un problème de maintenance et d'entretien sur l'éclisse mal fixée qui a fait dérailler le train.

L'enquête évoque ainsi la "traverse jonction double (TJD)" du secteur, là où se trouvait la fameuse éclisse.

Elle est implantée dans une zone d'installations complexes soumises à de fortes contraintes et sollicitations liées à la densité du plan de voies, à la vitesse de franchissement et à la fréquence des circulations. Cette TJD a été posée en 1991. L'échéance de renouvellement d'un appareil de ce type est de l'ordre de 25 ans. Son remplacement était programmé pour 2016.

Des boulons en moins avant l'accident

Sur l'éclisse, il y avait quatre trous : le rapport explique que deux des boulons avaient récemment rompu avant le drame. Dans le troisième trou, ni boulon ni écrou, mais une certaine oxydation. C'est ce qui prouverait, toujours selon les experts, que ce dernier boulon avait lui aussi "disparu" avant l'accident. Le boulon au niveau du quatrième et dernier trou présente aussi une "fissure étoilée, se propageant jusqu'au trou 3. Des parties de ces fissures présentent des traces d'oxydation pour lesquelles les expertises métallurgiques devront pouvoir préciser l'ancienneté."

Le rapport évoque aussi la dernière inspection sur ce matériel. C'était le 4 juillet, une semaine à peine avant l'accident. Aucune anomalie n'avait été signalée, et le cheminot ayant inspecté les voies a expliqué "ne rien avoir remarqué d'anormal" aux enquêteurs.

La SNCF a immédiatement réagi en rendant public le rapport. Les précisions de Sara Ghibaudo.

Le 11 septembre, la SNCF a achevé une vaste campagne de vérification nationale de ses aiguillages. Elle n'avait décelé aucun risque pour la sécurité, tout en annonçant une seconde vague de contrôles.

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