À ce rythme-là, Serge Dassault va peut-être finir tranquillement son mandat de sénateur LR. Le procès de l'avionneur pour blanchiment de fraude fiscale reprend ce lundi.

Serge Dassault
Serge Dassault © Radio France / MEDEF

Par trois fois, il avait refusé de répondre aux convocations pendant l'enquête. En juillet, il ne s'est pas présenté au tribunal correctionnel de Paris, sans un mot d'excuse. Serge Dassault a pourtant fini par être entendu à l'automne par le président du tribunal correctionnel, qui avait accepté à la demande de ses avocats de rouvrir l'enquête.

En revanche, cette fois-ci son comptable suisse s'est fait porter pâle. Tant pis. Le président, Olivier Géron, a demandé le procès-verbal de son audition dans l'autre dossier Dassault, où le sénateur reste mis en examen pour des achats de vote dans son ancienne mairie de Corbeil-Essonnes.

Des tirelires offshores en héritage

L'ancien comptable avait raconté par le menu comment, à la mort de l'avionneur Marcel Dassault, en 1986, il avait donné à Serge l'héritier les clés des tirelires offshores : les fondations au Lichtenstein, les sociétés dans les Iles Vierges, leurs comptes au Luxembourg (qui ont abrité jusqu'à 31 millions d'euros sur la période concernée ici)... Le comptable se souvenait aussi comment, plusieurs fois par an entre 1995 et 2009, il avait fait livrer près des Champs-Élysées une bonne cinquantaine de millions d'euros en liquide.

Pourtant, au début du procès en juillet, les avocats de Serge Dassault ont plaidé qu'il n'avait découvert que très tard, en 2011, l'existence de ces comptes cachés, et qu'il se serait empressé de les déclarer au fisc (il a payé 19 millions d'euros de redressement en 2014). Une position qui va devenir intenable.

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