Elle le concède du bout des lèvres : « ça n’a pas été facile ». Et on se doute qu’il s’agit d’un euphémisme. A la barre, Christiane Bernard, petite femme aux cheveux blancs, raconte qu’elle a accueilli Dimitri et Dylan – respectivement deuxième et quatrième de la fratrie Delay – à partir de 2000.

« Quand ils sont arrivés à la maison, ils étaient placés pour la violence. Ils étaient très sales. Ils faisaient sur eux. Une fois j’ai retrouvé Dimitri dans sa chambre, complètement couvert de ses excréments. Ils couchaient tous les deux dans la même chambre. Il y avait que moi qui pouvais rentrer dans cette chambre. La nuit, c’était l’horreur. »

Mais à l’époque, Christiane Bernard ne sait pas encore de quelle horreur il s’agit. Cette mère de famille qui ne fait « pas ce métier depuis longtemps » va le découvrir petit à petit. C’est parce qu’il doit retourner passer plusieurs jours chez ses parents que Dimitri va se mettre à parler. Il est le premier des enfants Delay à le faire. Avec ses mots : « ils faisaient des manières, mettaient leur devant dans mon derrière ». Il raconte que son père mettait son sexe dans sa bouche : « c’est drôle tata, ça sort comme du lait », demande à la fille de sa famille d’accueil, 14 ans, si elle faisait l’amour avec ses copains.

Puis, incité par Mme Bernard, Dimitri va dresser la liste de ses agresseurs. Une première, dix noms : « Jean-Marc, David D, Aurélie, Mari de monique Thierry, Francirs etc. »

Puis une autre. Apparaissent alors « le taxi Martel » - l’un des treize acquittés -, le « docteur leclère » - jamais mis en cause dans la procédure -. Et « dany legrand en Belgique et qui a fait des manières ».

« Dany Legrand » vient d’entrer dans l’affaire d’Outreau.

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