Les deux adolescents Toulousains,qui avaient quitté la France pour la Syrie début janvier sont rentrés dimanche et lundi. Ils sont en garde à vue depuis hier matin 11h dans les locaux du commissariat central de Toulouse. La DCRI essaie d'éclaircir les conditions dans lesquelles ils se sont rendus en Syrie, mais aussi qui ils ont rencontré sur leur route. Les enquêteurs essaient aussi de comprendre leurs motivations. Trois autres candidats au jihad sont jugés à Paris. "Jihad", c'est le prénom que l'un d'entre eux a donné à sa fille.

Les policiers vont tenter de comprendre comment Ayoub, 16 ans et Yacine, 16 ans en sont venus à vouloir se porter "candidats au djihad" et d'identifier une éventuelle filière. Ils s'efforcent aussi de déterminer qui est le supposé "troisième homme" par l'intermédiaire duquel les adolescents devaient a priori intégrer un camp d'entraînement.

Les précisions de Stéphane Iglésis à Toulouse

Agnès Dufétel Cordier est avocate de Yacine. Elle estime que les enfants et notamment son client ne doivent pas être traités comme des adultes.

On tente de faire le procès du terrorisme mais ça ne concerne pas mon client, c'est un enfant.

François Hollande, en visite en Turquie, et son homologue turc Abdullah Gül, ont dit lundi coopérer pour lutter contre les filières de recrutement de candidats au djihad, qui transitent souvent par la Turquie.

Trois autres candidats au jihad jugés aujourd'hui

deux adolescents français sont partis combattre en syrie aux côtés des djihadistes
deux adolescents français sont partis combattre en syrie aux côtés des djihadistes © reuters

Eux ont dix ans de plus. Le 14 mai 2012, ces jeunes de 20, 23 et 25 ans sont interpellés à l'aéroport de Saint-Etienne avant de s'envoler vers la Turquie. Leur but : aller combattre en Syrie. Poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, ils risquent en théorie jusqu'à dix ans de prison.

En 2011, le plus jeune participe aux championnats d'Europe junior d'athlétisme. En 2012 il se blesse, il souffre du divorce de ses parents, se met à passer du temps sur internet où il se trouve une identité religieuse et se radicalise. Il noue des contacts et rencontre ses deux acolytes qui vivent comme lui chez leurs parents en région parisienne.

Le plus âgé a une petite fille, un bébé qu'il a prénommé "jihad". Il a déjà effectué un périple de la Syrie au Mali sans réussir à se faire enrôler. Les trois jeunes décident de partir ensemble : ils s'entraînent au paintball, achètent un camescope et des affaires de randonnée. L'un d'eux se fait attrapper en tentant de cambrioler un magasin de chasse. Sur la destination, ils hésitent : ils achètent un 4X4 pour partir en Tunisie et un moteur de zodiac pensant rallier le Yémen en bateau puis se décident pour la Turquie, où ils pensent trouver des contacts. Le plus jeune commence à tergiverser : il y a eu l'affaire Merah, il ne veut pas tuer des enfants ce qui n'a pas l'air de rebuter les deux autres. Placé en détention le plus âgé reste sur écoute, au téléphone il continue à parler de ses projets de jihad.

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