Leur cadre de travail est un hôtel particulier de Neuilly - sa piscine en sous-sol, son parc et ses rhododendrons -, une maison de l’Arcouest en Bretagne, un domaine aux Baléares ou encore une île aux Seychelles.

Leurs salaires sont nettement supérieurs à ceux pratiqués dans leur profession et agrémentés, chaque fin d’année, d’un treizième mois parfois versé en liquide.

Ils sont unanimes pour saluer la cordialité et la gentillesse de leurs employeurs, Liliane et André Bettencourt.

Mais c’est bien là le seul point de consensus. Car « l’ambiance dans la maison avec le personnel n’était pas très bonne », témoigne cette femme de chambre lors de son audition la juge Prevost-Desprez. « Il y avait deux clans ».

Deux clans ? Les pro et les anti-Banier. Ceux qui ont apporté leur témoignage à la plainte déposée par Françoise Bettencourt-Meyers et les autres.

Mais aussi, selon cette ancienne femme de chambre : « certains membres du personnel qui pensent qu’ils sont là pour régler les problèmes de madame Bettencourt, ceux qui veulent faire partie de sa cour et ceux qui veulent simplement faire leur boulot. »

Et puis, comme dans tout cercle professionnel, il y a les amitiés et les inimitiés, les affinités des uns et la méfiance des autres. Tout au long des dépositions, on apprend ainsi que la comptable dînait régulièrement avec le majordome, qu’une des femmes de chambre « sortait avec le cuisinier », lequel témoignera contre l’autre femme de chambre à son départ.

Le tout savamment réparti dans les différentes zones de la propriété de Neuilly.

Car si les secrétaires ne montent pas dans les chambres, les femmes de chambre elles, restent invisibles : « tout était fait pour que nous ne croisions pas les invités ». Et la comptable bénéficie d’un studio attenant à la propriété.

Alors, on le comprend mieux, quand François-Marie Banier débarque dans la maison, s’invite dans la chambre de madame ou « appelle à 12h45 pour savoir ce qu’il y a à manger » comme le raconte l’ancien maître d’hôtel, cela fait l’effet d’un grand coup de pied dans la fourmilière.

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