A eux deux Myriam Badaoui et Thierry Delay ont eux sept enfants. De son premier mari algérien, Myriam a eu deux enfants : une fille et Cherif. Au moment du divorce, l’aînée reste vivre avec son père, elle ne reverra plus sa mère et son frère qui émigrent en France.

Myriam rencontre alors Thierry Delay, lui-même déjà père de deux enfants, dont la petite Emeline.

Dimitri, l’aîné du couple naît le 18 septembre 1992. Cherif a alors deux ans. Très vite, il est rebaptisé : désormais, ce sera “Kevin”, moins maghrébin selon Thierry Delay qui vient d'épouser Myriam Badaoui. Mais le changement de prénom n’apaise guère les relations entre le beau-père et le fils qu’il a pourtant adopté. Régulièrement traité de “bougnoule”, il mange seul à l’écart de la famille. Puis, pour “sauver son couple”, Myriam décide de réclamer son placement. L’enfant de cinq ans ne revient plus que les week-ends dans l'appartement de la Tour du renard à Outreau.

Pour Noël 1996, en guise de cadeau, il reçoit de Thierry une cassette vidéo : un film porno. Cherif, alias Kevin, a alors six ans. Les viols de son beau-père débutent ce jour-là.

Entretemps, la famille s’est encore agrandie. Jonathan, le 23 mai 1994, puis Dylan, le 8 août 1996 sont nés. Tous vont être victimes des viols de leurs parents. Quant à Emeline, elle ne passe que quinze jours par an chez son père et, contrairement aux affirmations de Dimitri et Jonathan, elle déclare n’avoir jamais été victime. La psychologue, Marie-Christine Gryson-Dejehansart, qui examinera tous les enfants d’Outreau, confirme qu’elle ne présente aucun signe de nature victimologique.

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Myriam Badaoui et Thierry Delay ont reconnu - au cours de l’instruction pour l’un, lors du premier procès pour l’autre - les agissements dénoncés par leurs enfants. Tout comme un couple de voisin : Aurélie Grenon et David Delplanque.

En définitive, ce seront les quatre seuls condamnés d’Outreau. En revanche, douze enfants - dont les quatre fils Delay - seront reconnus victimes et indemnisés à ce titre par la justice.

Pour ce nouveau procès, Daniel Legrand comparaît pour “viol et agression sexuelles” sur Cherif, Dimitri, Jonathan et Dylan Delay entre 1996 et 1999. Si certains des quatre fils Delay ont effectivement évoqué un certain "Dany Legrand", ils n'ont cependant jamais directement mis en cause ce Daniel Legrand. Celui-ci a déjà été acquitté des mêmes faits sur la période 1999-2000. Cherif et Jonathan pourraient être les seuls à se constituer partie civile.

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