Le brigadier toulousain qui a suivi Mohamed Merah entre 2006 et 2012, puis l'ex-patron de la DCRI Bernard Squarcini appelés à témoigner sur d'éventuelles failles du renseignement.

Le lendemain de la mort de Merah, Bernard Squarcini estimait, que le tueur au scooter avait agi en "solitaire", "auto-radicalisé", "sans appartenance à un réseau".
Le lendemain de la mort de Merah, Bernard Squarcini estimait, que le tueur au scooter avait agi en "solitaire", "auto-radicalisé", "sans appartenance à un réseau". © AFP / FRANCOIS GUILLOT

Le lendemain de la mort de Mohamed Merah sous les balles du RAID, Bernard Squarcini estimait, dans un entretien accordé au journal Le Monde, que le tueur au scooter avait agi en "solitaire", "auto-radicalisé", "sans appartenance à un réseau". Six mois plus tard, devant un juge d'instruction, l’ex-patron de la Direction Centrale du Renseignement intérieur martelait que le jeune délinquant des Izards avait adopté une « attitude basée sur la ruse pour ne pas se faire détecter ». 

Depuis 2006, Mohamed Merah était pourtant fiché S, à cause des liens de son frère Abdelkader avec la mouvance islamiste toulousaine. C’est un brigadier de police caché sous le pseudo Hassan qui a été chargé de le suivre, d’abord de loin, car son comportement de petit délinquant n’en faisait pas une priorité, puis de près, après son premier voyage en Afghanistan, en 2010. Début 2011, Hassan constate que Mohamed Merah vit aux aguets, volets fermés, et déjoue les filatures. 

Hassan et sa hiérarchie toulousaine demandent alors l’ouverture d’une enquête judiciaire, alertent la direction centrale. Qui ne descend à Toulouse que quatre mois avant les attentats, pour décréter que Mohamed Merah n’est pas forcément dangereux, songeant même à le recruter comme source, contre l’avis d’Hassan, dont le témoignage est particulièrement attendu. Hassan viendra aussi raconter ce que Mohamed Merah lui a dit, durant le siège du RAID. Car c'est lui qui avait été appelé pour négocier par talkie-walkie, espérant durant des heures une reddition, avant que Merah lui annonce qu'il l'avait dupé.

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