Leurs témoignages ont marqué la première semaine d’audience : ceux de quatre anciennes prostituées, qui se sont porté parties civiles. Alors que l’audition de Dominique Strauss-Kahn est attendue à partir de mardi, quel danger représentent-elles pour lui ?

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Elles commencent toutes la tête baissée, cachées sous des perruques. La déposition entrecoupée de larmes où se mêlent la douleur du passé et la crainte de le voir révélé à leurs proches. Puis elles relèvent la tête, et viennent rappeler le sordide de la prostitution, face à des prévenus qui les qualifient au mieux de «copines », au pire de « marchandise », à l’exception d’Emmanuel Riglaire qui assure que Mounia « a compté » pour lui.

"Ce procès est indispensable pour sortir de sa honte, vivre avec", explique Bernard Lemettre, le président lillois du mouvement du Nid qui les accompagne, et à qui elles ont rendu hommage. "C’est cela la question, comment je vais vivre avec ce passé prostitutionnel si la justice ne passe par ceux et celles qui m’ont entraînée et confortée dans ce système ?"

Sans elles, ce procès pourrait se réduire à une bande de copains, qui viennent chercher des femmes pour le « dessert ». En revanche, leurs témoignages se révèlent très inégaux pour soutenir l’accusation. Deux seront confrontées à Dominique Strauss-Khan, à qui elles ont été offertes par ses amis du Nord. Jade parait solide, et sans haine : elle peut qualifier certains prévenus de « gentils », tout en tenant tête aux avocats. Sa déposition risque d’être redoutable face à l’ancien patron du FMI. Aux juges, elle avait déclaré qu’il connaissait sa condition de prostituée, car elle lui avoir dit, en 2009, qu’elle travaillait dans un club en Belgique.

Mounia semble beaucoup plus fragile, pleine de contradictions face à l’avocat Emmanuel Riglaire, qu’elle a mis en cause. Le président du tribunal et le parquet n’ont pas caché leur embarras. Pour Me Riglaire, son accusatrice a été « instrumentalisée » par la justice, il se souvient : « la juge d’instruction ne m’appelait pas Emmanuel mais elle l’appelait Mounia ».

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