Christiane Taubira devant la maquette du nouveau palais
Christiane Taubira devant la maquette du nouveau palais © Maxppp / Etienne Laurent

Absence de box presse dans les salles d'audience, circulation limitée, système de brouillage pour empêcher les "live-tweets"... La première pierre du nouveau TGI parisien à peine posée, les journalistes judiciaires craignent déjà de ne plus pouvoir y travailler correctement.

Les journalistes (et notamment ceux de France Inter) pourront-ils continuer à vous faire vivre les procès parisiens en 2017, lorsque le nouveau tribunal parisien sera livré ? Certains pensent déjà que ce sera plus difficile que dans le respectable palais de justice de l'île de la Cité. Selon l'association de la presse judiciaire , le nouveau bâtiment (dont la première pierre a été officiellement posée la semaine dernière) semble conçu pour mettre des bâtons dans les roues des médias.

Dans un document transmis à l'association, la Direction des services judiciaires assure que les journalistes bénéficieront de stationnements à proximité, de lignes téléphoniques, et de prises électriques. En revanche, elle n'évoque rien sur d'éventuels box de presse dans les salles d'audience, ou sur les conditions de circulation dans un palais sécurisé à l'extrême. Pire : un système de brouillage doit être installé dans chaque salle d'audience , empêchant les communications vers l'extérieur, mais aussi l'accès à Internet et notamment à Twitter, devenu un relais important des journalistes qui couvrent les procès.

Les concepteurs du nouveau TGI n’ont qu’une idée en tête : assurer la sûreté et sécurité des lieux au mépris de la liberté de la presse . Au final, la Chancellerie n’a qu’un seul argument : "Vos demandes coûtent cher". Au prix du bâtiment, on peut en douter.

Le coût total de l'opération serait de 2,4 milliards d'euros (dont 700 millions pour la seule construction du bâtiment).

Le reportage d'Emanuel Leclère

1 min

Futur tribunal sans box presse

Le ministère de la Justice n’a pas donné suite à notre demande d’interview.

Avocats et magistrats s'inquiètent aussi

Les journalistes ne sont pas les seuls à regretter cette décision de brouiller les communications pendant les audiences. Sur les réseaux sociaux, avocats et magistrats rappellent qu'ils ont besoin de pouvoir communiquer avec l'extérieur, ne serait-ce que pour continuer à travailler pendant les audiences. Le bâtonnier de Paris assure d'ailleurs qu'il réagira prochainement à ces annonces.

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