Le malaise va grandissant. Ce sentiment de se dire que quelque chose de va pas. Que la justice – une fois encore dans cette affaire ? – ne fonctionne pas vraiment comme elle devrait.

Parce qu’un accusé fasse l’objet d’un interrogatoire serré, c’est dans l’ordre des choses. Et surtout, il bénéficie d’avocats, en l’occurrence quatre pour la défense de Francis Heaulme. Mais là, l’homme qui se retrouve à la barre depuis trois heures subit une pression. Une très grosse pression. Et aucun homme de droit n’est là pour le défendre. Même en garde-à-vue, ce n’est aujourd’hui plus possible.

Et pourtant le président insiste : « Monsieur Leclaire, vous ne pensez pas que c’est le moment de dire haut et fort …. » « Monsieur Leclaire, c’est un accident ?, c’est un accident ? ».

Il a beau répéter, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois : « Monsieur Leclaire, personne ne vous accuse ». On finit très sérieusement par croire le contraire.

Et quand le président se retrouve à court de questions, c’est l’avocat général qui prend le relais : « Monsieur Leclaire, est-ce que vous pensez qu’un individu normalement constitué va vous croire un instant ? »

Mais un individu normalement constitué tiendrait-il un tel choc ?

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