Depuis mardi, le tribunal correctionnel de Lille se concentre sur le premier cercle de l’affaire de proxénétisme aggravé. Celui qui a donné son nom à l’affaire, car il gravite autour de deux hôtels dont le Carlton.

Il y a René Kojfer, le chargé des relations publiques, décrit comme un « amuseur public » par certains de ses amis mais plutôt taiseux à la barre. Quand on l’interroge sur ses rapports avec une prostituée, le septuagénaire préfère dire qu’il l’avait draguée, ou qu’il était tombé amoureux. Et quand il lui présentait des amis, c’était pour rendre service.

Ses patrons, les deux gérants ou propriétaires des hôtels, Hervé Franchois et Francis Henrion, prétendent n’avoir rien su des chambres réservées pour des passes, les fameux 5 à 7. Ils ne reconnaissent que des rencontres tarifées organisées par René dans un appartement à côté du Carlton. Les mots sont durs à trouver. Une relation sexuelle ? Ils préfèrent parler de « repas ». « Je ne venais pas là pour déjeuner » lance Jade, une ancienne prostituée partie civile, qui décrit ces rencontres avec « ces messieurs », en précisant qu’ils étaient « courtois, on ne se sentaient pas rabaissées ». Et ce terme de « dossier » qui visiblement désigne une fille sur les écoutes téléphoniques ? « Cela veut dire un beau p’tit lot » affirme Hervé Franchois. René Kojfer, qui a fait un malaise mardi, a des problèmes d’oreille, de compréhension, ou de mémoire. Il ne se rappelle pas qu’il voulait recruter des prostituées pour ouvrir un salon de massage.

Son ami Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, vient à son secours : « c’était pour du massage non sexuel ». « Ah oui c’est vrai, se souvient tout à coup René Kojfer, j’avais une copine thailandaise »…

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