Le volet DSK refermé, c’est devant une audience clairsemée que le tribunal a commencé à examiner l’aspect financier : les escroqueries au détriment de deux sociétés, dont une filiale d’Eiffage, qui ont réglé les voyages à Washington.

Au début de l’affaire, certains avocats promettaient des révélations propres à faire tanguer le groupe de travaux publics. Les deux juges d’instruction s’étaient vus adjoindre une troisième magistrate pour enquêter sur ce volet financier, qui s’est depuis longtemps dégonflé.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Un peu plus de 80 000 euros de notes de frais, une somme qui ne mérite pas souvent l’analyse d’un tribunal correctionnel. Une petite moitié a été signée par l’ex petite amie de Fabrice Paszkowski, qui semble avoir créé une société fictive dans ce but, quoiqu’elle s’en défende. Peut-être touché par la candeur qu’elle affiche, le président finit par lui dire qu’elle n’est pas faite pour gérer une société. Pour Eiffage, le délit porte sur 46 000 euros validés par l’ancien directeur régional, qui, comme on l’entend souvent dans ces cas là, signe les parapheurs sans regarder. « Qu’attendiez-vous professionnellement de cette douzaine de rencontres sexuelles avec DSK ? » demande le président Bernard Lemaire. David Roquet : « L’idée que j’avais en tête c’était, une fois qu’il serait élu Président, de le présenter à mes patrons (…) et d’en tirer un peu de reconnaissance de la part de mes patrons. C’était pas de la corruption. » Aline Clérot, substitut du procureur: « Vous créez des liens de manière très particulière Monsieur…Aujourd’hui encore il vous parait légitime d’avoir engagé les fonds de MEN (NDLR filiale d’Eiffage) pour ces voyages, alors qu’il s’agit de votre plaisir personnel ? Avec DSK, vous ne parlez jamais d’Eiffage, ou de travaux publics, vous êtes largement occupés à autre chose ! » Roquet : « La meilleure manière de faire du lobbying, c’est de ne pas parler de ce qu’on fait… » Clérot : « Ah ça, vous avez été extrêmement discret ! »

Son directeur régional, Jean-Luc Vergin, poursuivi pour complicité, avait aussi envisagé de se rendre à Washington, pour rencontrer DSK. Mais sur ses frais personnels assure-il, parce qu’à titre professionnel il n’y avait aucun intérêt pour Eiffage, du moins « il était trop tôt ». Thierry Dalmasso, l’avocat d’Eiffage, partie civile, bondit : « Non on ne corrompt pas, on ne paye pas de filles, on ne paye pas aux frais de la princesse ici Eiffage les vacances pour tous. C’est de l’abus de confiance ».

David Roquet, petite voix émue, tente une dernière fois : « Vous savez, un petit homme blessé peut faire beaucoup de dégâts ». Un peu tard…

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