Ils ont "rendu l'argent". Et pas qu'un peu : selon un communiqué de l'ICIJ, le Consortium international des journalistes d'investigation qui avait révélé les Panama Papers en 2016, 22 États victimes de fraude fiscale ont pu, grâce à leur enquête, récupérer plus d'un milliard de dollars de recettes détournées.

Militants d'Attac à Paris le 1er avril 2017, devant une agence de la Société générale
Militants d'Attac à Paris le 1er avril 2017, devant une agence de la Société générale © AFP / François Guillot

On se demande parfois ce qui a vraiment changé dans la politique de lutte contre la fraude fiscale des pays européens et au-delà depuis le scandale des Panama Papers, en 2016. L'ICIJ met un premier chiffre sur le sujet : 1,2 milliard de dollars, soit la somme que les services de 22 pays du monde ont réussi à recouvrer en trois ans.

En France, ce sont pas moins de 500 contrôles fiscaux, pour 415 fraudeurs potentiels, qui ont été menés suite aux Panama Papers. Selon Le Monde (membre du collectif,) Paris aurait ainsi récupéré près de 120 millions d'euros en "droits et pénalités", soit près de 136 millions de dollars. Le record est détenu par le Royaume-Uni, avec presque 225 millions d'euros récupérés (252,7 millions de dollars).

Argent récupéré et évolution des mentalités

L'enquête révélée en 2016 avait fait l'effet d'un séisme mondial en dévoilant un système d'évasion fiscale organisée, orchestrée par un discret cabinet d'avocats au Panama et profitant à plusieurs dizaines de responsables politiques, stars du football ou milliardaires. Elle a ensuite mobilisé la justice de nombreux pays pendant les trois années qui ont suivi... Et sans doute au-delà : la somme récoltée grâce au travail de l'ICIJ pourrait encore grimper dans les mois à venir.

L'ICIJ explique également que plusieurs pays n'ont pas souhaité communiquer sur les sommes déjà récupérées, le chiffre actuel de 1,2 milliard de dollars est donc déjà certainement en-dessous de la réalité.

Pour Rita de la Feria, professeur en droit fiscal à l'Université de Leeds, les Panama Papers ont aussi et surtout changé quelque chose de bien plus profond : la perception de la fraude fiscale par l'opinion publique et ce bien au-delà des frontières. "Avant, il y avait une sorte de tolérance publique, une vision très 'tant mieux pour vous' envers ceux qui évitaient de payer leur part d'impôts", explique-t-elle dans le communiqué de l'ICIJ. "Les Panama Papers ont aidé à faire évoluer cette perception vers une nouvelle vision : 'vous nous volez des services publics'. Si le grand public n'avait pas toujours pleinement conscience de cette réalité auparavant, c'est certainement le cas maintenant."

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