A l’avant-dernier jour du procès dit du Carlton, les plaidoiries de la défense continuent. Les avocats des compagnons de soirées de Dominique Strauss-Kahntentent de lui emboîter le pas sur le chemin de la relaxe. Pour Me Olivier Bluche, le commissaire Jean-Christophe Lagarde a servi aux juges d’instruction de « marchepied » vers DSK, dans la logique qui voulait faire de lui et de ses amis des proxénètes : « on avait des recruteurs, M. Lagarde était l’agent de sécurité ». Son avocat souligne qu’il n’y a rien de compromettant pour lui ni sur les écoutes ni sur les SMS. Le procureur dans son réquisitoire avait reconnu que, pas plus que pour DSK, on ne pouvait prouver que M. Lagarde connaissait la qualité de prostituées des « copines » amenées par David Roquet et Fabrice Paszkowski. Il a requis une relaxe pour les faits de proxénétisme et trois d’emprisonnement avec sursis pour recel d’escroquerie, pour avoir profité des soirées payées avec l’argent des sociétés de ses amis.

Me Bluche poursuit le procès des juges d’instruction : « Ce dossier a été instruit par détestation (…), détestation parce qu’ils sont francs-maçons, détestation de leurs opinions politiques, de leurs pratiques sexuelles. » Il admet que l’ancien chef de la Sûreté départementale du Nord a commis « une erreur de jugement », mais il conclut qu’il doit retrouver « un poste de policier sur le terrain où il sera bien plus utile que place Beauvau » (M. Lagarde est chargé de mission à la direction générale de la police nationale).

C’est ensuite l’avocat de Fabrice Paszkowski qui tente de battre en brèche les réquisitions du procureur, qui voit dans son client, « le gentil organisateur » des soirées libertines : deux ans d’emprisonnement avec sursis ont été demandés. Pour Me Karl Vandamme, « le grand ami » nordiste de DSK « n’a pas servi d’intermédiaire entre des prostituées et des clients » : il n’en n’a pas tiré profit, et comme il n’était « pas fier » de devoir payer pour se faire accompagner, il demandait aux « escorts » de taire leur qualité. « Il faut être logique, lance Me Vandamme au procureur, sinon vous devez demander la condamnation de DSK ».

Cet après-midi, Eric Dupond-Moretti, qui n’a pas beaucoup assisté aux audiences, viendra plaider pour David Roquet.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.