Le tireur du marché de Noël de Strasbourg mardi soir est parvenu à s'enfuir. Il est activement recherché par les forces de l'ordre. Des recherches qui pourraient être longues. Retour sur les traques qui ont marqué le pays ces dernières années.

Traque depuis mardi soir à Strasbourg après la fusillade sur le marché de Noêl
Traque depuis mardi soir à Strasbourg après la fusillade sur le marché de Noêl © Maxppp / PATRICK SEEGER
  • Novembre 2015 : Abdelhamid Abaaoud, cinq jours de recherches dans toute l'Europe

13 novembre 2015 : la France est frappée par les pires attentats de son histoire. Neuf djihadistes font 130 morts et plus de 350 blessés à Paris, au Bataclan (90 morts), sur les terrasses de plusieurs bars et restaurants (39 morts) et près du Stade de France (un mort). Le groupe État islamique revendique les attaques perpétrées par des djihadistes de retour de Syrie. Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attaques, belge d'origine marocaine de 27 ans, est recherché par toutes les polices de France. Après les attentats, Abdelhamid Abaaoud et un complice, Chakib Akrouh, se terrent sur un talus situé en contrebas de l'A86 à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Les enquêteurs sont mis sur la piste de cette planque par un renseignement. Les forces de l'ordre encerclent discrètement les lieux mais le laissent prendre la fuite avec son complice et sa cousine, et le suivent jusqu'à un appartement de Saint Denis. La police cible alors l'appartement, cinq jours après les attaques. Abaaoud, sa cousine Hasna Boulacem et Chakib Akrouh sont tués lors de l'assaut. 

  • 2015/2016 : Salah Abdeslam, recherché pendant quatre mois 

Salah Abdeslam s'est échappé après les attentats du 13 novembre 2015 et a fait l'objet d'un appel à témoins lancé par la police française. Il a subi un contrôle routier à Cambrai (Nord) au lendemain des attentats. Son nom n'était alors pas encore apparu dans le cadre de l'enquête et il a donc été laissé libre. Puis une traque a été mise en place par les polices européennes. Sa trace est retrouvée à Bruxelles. Le 18 mars 2016, soit quatre mois après les attaques de Paris et Saint Denis, il est finalement arrêté, blessé, lors d'une opération de police à Molenbeek.     

  • Janvier 2015 : les frères Kouachi, deux jours de fuite 

Les deux auteurs de l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 (faisant 12 morts) sont tués deux jours plus tard au nord de Paris, à Dammartin-en-Goële  par les membres du GIGN. Ils s'étaient retranchés dans une imprimerie. Les assassins se réclamaient d'Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA), qui revendique ensuite officiellement l'attentat. 

  • Janvier 2015 : Amedy Coulibaly, deux jours de fuite 

Parallèlement, un complice des frères Kouachi, Amedy Coulibaly, assassine Clarissa Jean-Philippe, une policière municipale à Montrouge le 8 janvier puis, le lendemain, tue quatre personnes de confession juive au cours d'une prise d'otages dans une supérette l'Hyper casher porte de Vincennes. Coulibaly meurt lors de l'assaut policier.

  • Mars 2012 : Mohamed Merah 
Opérations de police en présence du ministre de l'Intérieur Claude Guéant autour de l'appartement de Merah à Toulouse en  2012
Opérations de police en présence du ministre de l'Intérieur Claude Guéant autour de l'appartement de Merah à Toulouse en 2012 © Maxppp / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

En mars 2012, un homme à scooter vise deux militaires à Montauban et des enfants dans une école juive à Toulouse faisant sept morts (trois enfants, trois militaires et un enseignant) et six blessés graves. 

L'auteur, Mohamed Merah est un djihadiste franco-algérien fiché S. Il se réfugie dans un appartement d'un quartier résidentiel de Toulouse. Les policiers du Raid entament alors une très longue séance de négociation de 32 heures puis mènent l'assaut. Merah est tué dans l'opération.

Le procès s'est déroulé à Paris du 2 octobre au 2 novembre 2017. Son frère Albdelkader Merah est reconnu coupable d'association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et condamné à 20 ans de réclusion. De son coté, Fettah Malki qui avait fourni des armes et un gilet pare-balles à Mohammed Merah est condamné à 14 ans de réclusion. 

  • Juillet 1995, Khaled Kelkal

Khaled Kelkal est impliqué dans l'assassinat d'un imam dans sa mosquée à Paris. Puis il participe à une fusillade contre des gendarmes à Bron avec son ami Karim Koussa. Il est ensuite impliqué dans un groupe qui pose une bombe à la station Saint-Michel - Notre-Dame  du RER parisien. L'attentat fait huit morts et 117 blessés. 

Recherches en forêt de Malval près de Lyon pour retrouver Khaled Kelkal en 1995
Recherches en forêt de Malval près de Lyon pour retrouver Khaled Kelkal en 1995 © AFP / AFP

Le 17 août 1995, il est impliqué dans un autre attentat à la place de l'Étoile à Paris où une bombe blesse 17 personnes, puis dans l'attentat raté contre la ligne TGV Paris-Lyon. Traqué par toutes les polices de France, il commet encore deux attentats le 3 septembre 1995, une bombe bourrée de clous explose sur le marché Richard Lenoir dans le XIe arrondissement de Paris faisant quatre blessés. Quatre jours plus tard, une bombe placée dans une voiture garée en face d'une école juive de Villeurbanne fait quatorze blessés.

Kelkal est en cavale depuis deux mois et demi, 170 000 affiches le représentant sont diffusées dans toute la France lorsqu'il est repéré, le 27 septembre 1995, dans une forêt de la région  lyonnaise. Il s'enfuit après des échanges de tirs avec les gendarmes. Deux jours après, il est localisé près de Lyon. Il est interpellé par les gendarmes. Il tente de résister et est abattu par les forces de l'ordre.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.