A la barre Dominique Strauss-Kahn a été confronté dès sa première journée d’audience à deux parties civiles, Jade et Mounia. L’ancien patron du FMI a défendu sa pratique décomplexée du « libertinage » et souligné la subjectivité des témoignages des participantes. Pour DSK, ces rencontres « libertines » étaient « festives et ludiques ». C’était « des soupapes de récréation » dans sa vie « trépidante » de directeur du FMI occupé à « sauver la planète » de la crise financière. __ Les descriptions des deux parties civiles entendues aujourd’hui ne correspondent pas vraiment, selon elles, à l’esprit libertin. Le matin, Mounia a raconté que lors d’une sortie dans un grand hôtel parisien elle avait subi de la part de DSK une sodomie dont elle ne voulait pas. Elle n’a pas dit non explicitement mais selon elle ses pleurs auraient dû alerter son partenaire. « Je n’ai pas senti de dénégation ferme déclare Dominique Strauss-Kahn, qui se prend immédiatement « je n’ai pas senti de dénégation ». Il rappelle les témoignages d’autres femmes, tendues pendant l’instruction, et qui déclarent avoir été sollicitées de sa part pour la même pratique, mais « quand elles disent non, c’est non ». L’après-midi c’est Jade qui a décrit en termes crus une autre séance collective dans cet hôtel. Avant l’arrivée de DSK, les gens sont excités, « Il va venir » entend-elle. Ensuite, « c’était un peu comme dans l’Antiquité : un seul homme sur le lit et beaucoup de femmes autour ». C’était un peu « bestial », estime Jade, en tous cas, cela ne correspond pas à l’échangisme qu’elle a vu pratiquer dans des clubs. Interrogé un peu plus tôt, Dominique Strauss-Khan est resté sur sa ligne : il n’a jamais su que ces jeunes femmes étaient payées ni qu’elles venaient là pour lui. Avant de résumer à sa façon cette première journée d’audience qui lui était largement consacrée : « ce qui est sûr c’est que nous n’avons pas vécu les mêmes scènes ».

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