Il a la démarche un peu hésitante. Mais ses propos sont très clairs. Me Normand, 80 ans, est le plus âgé des dix prévenus de cette affaire. Lui, est accusé de complicité d’abus de faiblesse.

Notamment pour avoir signé, en tant que notaire habituel de la famille Bettencourt, la modification testamentaire de Liliane. Nous sommes trois semaines, à peine, après la mort d’André Bettencourt. Et soudain, la milliardaire débarque, presque à l’improviste. Avec elle, François-Marie Banier et son notaire. « Ils me sont tombés dessus », explique Me Jean-Michel Normand. Leur requête est très simple, très claire : désormais, le légataire universel de Liliane Bettencourt sera François-Marie Banier et, en cas de décès de celui-ci, son compagnon Martin D’Orgeval.

Le notaire se dit tout de suite étonné : « c’était fou dès le départ ». « Alors pourquoi l’avoir signé ? », interroge le président. « Ils vous ont séquestré ? »

Mais pour le notaire, impossible de ne pas se plier à la volonté de sa cliente, accessoirement l’une des plus grosses fortunes de France. « Cette femme était en pleine capacité, elle a énoncé une intention que j’ai traduit. C’était sa volonté formelle. »

Les regrets n’arrivent après. Juste après : « j’ai eu le sentiment que cet acte me brûlait les doigts. » Il poursuit : « monsieur Banier n’était pas en situation d’être le légataire de Madame Bettencourt, ça n’a aucun sens. »

Aujourd’hui, face à la salve des questions du président du tribunal et du procureur, le vieux notaire ne peut opposer que des regrets.

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