Forces de police devant le Stade de France le 13 novembre 2015
Forces de police devant le Stade de France le 13 novembre 2015 © MaxPPP

C'est une enquête tentaculaire que France Inter va retracer toute cette semaine. Trois mois après les attentats de Paris et Saint-Denis, gros plan sur les pièces du puzzle dont disposent désormais les six juges antiterroristes en charge du dossier. Ce matin, on a choisi de s'intéresser particulièrement à Samy Amimour, un des terroristes du Bataclan, le premier à être tué par le chef de la BAC parisienne.

Quand Samy Amimour part combattre en Syrie en septembre 2013, il laisse une mère qui ne porte pas le voile, militante féministe berbère, un père musulman modéré et notamment une soeur, la seule qui entretient le contact. Depuis quelques temps, le timide de cette famille de trois enfants, est devenu plus introverti encore. Il dit à peine bonjour, mange à part et passe son temps sur Internet. Jusqu'à son départ pour l'état islamique qui laisse ses proches abasourdis.

Son père tente même d'aller le rechercher, là-bas, en Syrie. En vain. C'est ce qu'il confie, à son retour, au journal Le Monde. Il évoque le drapeau noir de l'Etat islamique, les chek-points, son fils perché sur des béquilles qu'il ne voit jamais seul ... jusqu'à cette montpelliéraine aux yeux verts, épouse d'un futur kamikaze qu'il croise sur le chemin du retour.

Mais tout cela est faux. Car le père de Samy Amimour n'a jamais mis les pieds à Minbej, pas plus qu'il n'a vu son fils. Il est resté de l'autre côté de la frontière, en Turquie - à Hatay, Antioche ou Gaziantep -avant de renoncer. Mais à son retour en France, il n'ose rien dire à son épouse.

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Ce qui est sûr, en revanche, c'est que quelques semaines plus tard à peine, en octobre 2014, la petite soeur de Samy Amimour aide une jeune femme à quitter le pays. Elle est la seule à garder un contact régulier, via Skype, avec son frère parti en Syrie et elle craint qu'il ne coupe les ponts si elle refuse de lui obéir. Alors, elle rend visite à cette lycéenne sur le point de passer son bac, cette jeune femme un peu naïve, au coeur d'artichaud selon ses proches.Elle l'emmène à la gare, et la laisse un billet de train pour l'Italie et 300 euros en main. Depuis, la jeune femme a épousé Samy Amimour, réclamé 4000 euros à sa famille pour revenir accoucher en France sans le faire pour autant et vanté par mail son nouvel appart de Mossoul à son ancien prof de maths. La jeune femme est désormais maman d'une petite fille. Le dimanche 15 novembre, elle envoyait à sa mère un message bourré de point d'exclamation. Il disait : "je suis la femme d'un kamikaze".

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