C’est ainsi qu’elles sont surnommées dans le dossier. Les tatas sont les assistantes familiales qui ont accueilli les enfants Delay lorsqu’ils ont progressivement été placés.

Cherif tout d’abord, souffre-douleur de Thierry Delay, son beau-père, et que sa mère Myriam Badaoui décide d’écarter de la famille à partir de 1995. Il vient vivre chez Françoise Darques. A l’époque Cherif est appelé Kevin, c’est ainsi que son beau-père l’a reconnu. Il a alors cinq ans.

« Je voyais bien qu’il était un enfant perturbé. C’était très difficile de l’habiller. Il refusait tout contact tactile », raconte par visioconférence l’assistante familiale. Il voit très peu ses parents. Certains week-ends mais « la maman m’avait dit que quand ça n’allait pas, elle ne le prenait pas », explique Françoise Darques. Puis, à l’occasion d’une visite pour la fête des mères de 1998 à 1999 « ça s’est très mal passé et il n’a plus du tout été chez ses parents. »

Viennent ensuite les premières révélations. « Ses autres frères ont commencé à parler, lui a suivi », poursuit Mme Darques, 73 ans, femme ronde aux lunettes et cheveux blonds. Alors, elle l’accompagne au commissariat : « il parlait bien, il expliquait bien. C’était clair dans sa tête. Il a toujours été très clair ».

Très clair. Sans jamais évoquer Daniel Legrand devant sa « tata ».

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