Il faut savoir qu’au tribunal de grande instance de Bordeaux, il y a une seule toilette. Située juste à côté de la grande salle que l’on occupe, certes, mais une seule pièce, avec à gauche les toilettes des hommes, à droite celle des femmes.

Quel intérêt ? A priori aucun. Si ce n’est que les journées d’audience sont longues, les cafés souvent nombreux et donc, physiologiquement, les vessies parfois pleines.

La suite, vous vous en doutez. On y voit donc François-Marie Banier partager quelques mots avec l'un de ses amis venus l'accompagner. Stéphane Courbit, Patrice de Maistre et Martin D’Orgeval, tous trois prévenus, patienter en échangeant sur l’audience. Telle épouse vient chercher de l’eau pour les vitamines d’un prévenu. Tel avocat semble plongé dans ses pensées. Telle communicante de la famille Bettencourt tente de convaincre un journaliste.

C’est souvent le cas, me direz-vous. En général durant les procès, avocats, journalistes, parties civiles, prévenus fréquentent plus ou moins les mêmes lieux. Souvent le troquet du coin, au moment de la pause méridionale ou pour tromper l'attente des délibérés. Mais ici, tous appartiennent à des mondes diamétralement opposés. Quand les uns arrivent à pied au palais, les autres sont déposés dans d’imposantes voitures avec chauffeurs et vitres teintées.

Ces gens là ne fréquentent pas les mêmes lieux. A l’exception des toilettes.

PS. Ma voisine de table m'assure avoir repéré un autre lieu d'aisance. Avis aux amateurs.

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