Un adolescent de 16 ans s'est suicidé le 13 décembre dernier, au sein de l'établissement pour mineurs de Lavaur, dans le Tarn. Il était incarcéré depuis deux semaines. Derrière cette tragédie : un nombre de mineurs emprisonnés en augmentation depuis 15 ans et la loi Perben de 2002.

Le centre de détention pour mineurs de Lavaur, dans le Tarn, où un détenu de 16 ans et demi s'est suicidé le 13 décembre dernier.
Le centre de détention pour mineurs de Lavaur, dans le Tarn, où un détenu de 16 ans et demi s'est suicidé le 13 décembre dernier. © AFP / ERIC CABANI

Il était incarcéré pour la première fois, depuis deux semaines à peine, lorsqu'une éducatrice l'a retrouvé dans sa cellule le 13 décembre, pendu à l'aide de ses draps. Cet adolescent de 16 ans était impliqué dans une affaire de stupéfiants. Placé sous contrôle judiciaire dans un foyer, il avait fugué. Le juge des libertés et de la détention avait alors décidé de son incarcération à Lavaur, dans le Tarn. 

Une première détention pour ce mineur de 16 ans, qui se passe mal : blessé à la tête après avoir été pris à partie par d'autres jeunes incarcérés, il aurait ensuite appris une "mauvaise nouvelle". Deux semaines à peine après son entrée en prison, il se suicide. 

Détention de mineurs en augmentation

Et si un tel événement tragique est une première pour l'établissement de Lavaur, les syndicats, de magistrats, de la protection judiciaire de la jeunesse, eux, alertent sur la situation des mineurs, beaucoup plus souvent placés en détention aujourd'hui qu'il y a 15 ans.  

A l'image de ce garçon, la majorité - plus des trois quarts  - des mineurs incarcérés sont actuellement en détention provisoire : 181 sur les 792 emprisonnés actuellement. Un chiffre auquel il faut ajouter le nombre d'adolescents placés en centre éducatifs fermés et ceux, tous jeunes majeurs incarcérés pour des faits commis quand ils n'avaient encore 18 ans. Et puis surtout, les trois quarts d'entre eux sont là au titre de la détention provisoire.

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