Dès le début de sa grossesse, Fabienne Kabou échafaude son histoire.

Procès Kabou : une enquêtrice à la barre
Procès Kabou : une enquêtrice à la barre © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Elle ne préviendra jamais sa mère qu’elle est enceinte, mais l’évoque malgré tout comme une solution. A Michel, son compagnon, elle explique : le bébé sera confié à sa mère, pour qu’elle l’élève au Sénégal, le temps qu’elle, Fabienne, soutienne sa thèse et obtienne un poste.

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Et cette histoire perdure. Le temps de la grossesse, durant les 15 mois de la vie d’Adélaïde. Et même après sa mort : deux jours avant son interpellation, Fabienne raccroche avec sa mère. Et raconte à Michel : leur fille, Adélaïde, est bien au Sénégal, en train de jouer avec ses cousins.Lorsque la police judiciaire débarque à l’atelier de Saint-Mandé, c’est encore la même version des faits que Fabienne livre aux enquêteurs. Même chose, une fois qu’elle est placée en garde à vue et réentendue à Nanterre.

Et puis, soudain, elle s’effondre, pleure. « Je suis en train de jouer la comédie », dit-elle. Et passe aux aveux. Il est d’abord question d’un couteau planté dans le ventre de la fillette. Puis, enfin, du véritable récit des faits : le trajet en train et en bus depuis Paris, l’hôtel proche de la mer à Berck-sur-mer, la sortie sur la plage après consultation des horaires de marée, le câlin, l’allaitement d’Adélaïde. Et l’abandon, sur le sable jusqu’à ce qu’elle ait « les bottes dans l’eau ».

Un enquêteur témoigne au procès Kabou
Un enquêteur témoigne au procès Kabou © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

De cette expédition tragique, Fabienne dit alors aux enquêteurs : « j’avais l’impression désagréable d’un vent dans le dos, d’être portée. » L’impression d’une force extérieure ? Fabienne n’en dit pas plus. La thèse de la“sorcellerie”, à proprement parler, viendra, elle plus tard.

Dans une conversation avec sa mère, enregistrée par les services de police. Dans les auditions suivantes devant le juge d’instruction. Il est alors question de “sort”, seule piste qui peut expliquer son geste, selon Fabienne Kabou. Un sort probablement jeté par ses tantes, qui vivent au Sénégal mais convoitaient Michel. A moins que ce ne soit pas l’épouse de celui-ci, dont il est séparé mais pas divorcé.

Mais la thèse de l’irrationnel est difficilement défendable devant une cour d’assises. Certains d’ailleurs entendent la balayer d’un revers de main … Fabienne Kabou ne serait-elle pas en train de mentir, une nouvelle fois ?

Alors qu’il débute son audition devant la cour d’assises, le juge d’instruction qui s’est chargé de l’affaire tranche ainsi : “Fabienne Kabou est une menteuse invétérée. Vous l’écoutez, mais tout pose question”.

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