4 113 dossiers de plaignants du Levothyrox seront examinés ce lundi 3 décembre par le tribunal d'instance de Lyon. L'audience est prévue dans le cadre d'une action collective au civil contre le laboratoire Merck. Prévue le 1er octobre, elle a été reportée à la demande du laboratoire allemand qui réclamait un "délais".

Le procès collectif intenté contre le laboratoire Merck dans l'affaire du Levothyrox commence ce lundi à Lyon
Le procès collectif intenté contre le laboratoire Merck dans l'affaire du Levothyrox commence ce lundi à Lyon © AFP / Rémy GABALDA

C'est une réparation pour préjudice moral que réclament les plus de 4 000 plaignants qui estiment avoir été mal informés par les laboratoires Merck, au moment de la mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox, au printemps 2017

Quand la formule sans lactose du médicament pour la thyroïde est apparue sur le marché, en mars 2017, le fabriquant Merck savait que ça pourrait être mal toléré car les changements d'excipients, on le sait, peuvent modifier l'assimilation d'un principe actif. On avait, de plus, des retours d'expérience dans d'autres pays qui auraient pu alerter, avec des patients intolérants. 

Mercks savait que les patients pourraient mal le vivre, mais il ne les en a pas averti. Défaut d'information d'après leur avocat, Maître Christophe Leguevaques, qui évoque aussi un préjudice d'angoisse car les patients n'ont pas été entendus, d'après lui, quand ils ont expliqué ensuite que la nouvelle formule les rendait malades : "Le mépris est général. Ils ont adopté une attitude particulièrement offensante puisque ils n'ont pas voulu tenir compte des réclamations qui étaient pourtant portées par un nombre considérable de malade. Un chiffre : en 2017 il y a eu plus de 30 000 signalement à l'ANSM sur le Levothyrox. C'est considérable, et Mercks n'en tiens pas compte." 

Pour chacun des plaignants, l'avocat réclame une réparation de 10 000 euros. Des plaignants qui vont plus ou moins bien selon les cas, explique-t-il. Certains ont fini par s'habituer à la nouvelle formule. D'autres ont pris des médicaments alternatifs et certains n'ont toujours pas retrouvé leur équilibre. 

Le jugement est attendu pour mars 2019.

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