Jeudi, la cour d'assises des Pyrénées-Orientales a écouté la dernière compagne de Jacques Rançon. Elle est la mère de ses deux plus jeunes enfants. Un témoignage dévastateur pour l'accusé.

La dernière compagne de Jacques Rançon a raconté les coups reçus
La dernière compagne de Jacques Rançon a raconté les coups reçus © AFP / Raymond ROIG

Son prénom évoque une jeune fille en fleur. Mais Lolita, la dernière compagne de Jacques Rançon, est une combattante. Solidement amarrée à la barre, cette jeune femme blonde de 29 ans déroule un récit à la fois maîtrisé et fulgurant. 

Elle a 16 ans quand elle rencontre Jacques Rançon, de 28 ans son aîné. Elle vit en foyer, elle est partie de chez elle parce qu'elle a subi des attouchements sexuels de son père. 

Au début, "tout se passe très bien". Il prend sa défense contre son ex petit ami qui la bat, elle emménage avec lui. Quand Lolita tombe enceinte en 2007, au bout de deux ans de relation, "il commence à montrer son vrai visage, à me donner des coups. Coups de pied, de poing, il me tirait par les cheveux. il ne fallait jamais le contrarier, surtout".

En 2012, après la naissance de leur deuxième enfant, "il me colle au mur, il m’étrangle. Il m’a dit que si je le quittais, il allait me tuer. J’ai eu un déclic. "

Soit je reste, et je ne donnais pas cher de moi. Soit je sauve ma peau. 

Elle raconte, après leur séparation, une hallucinante course-poursuite dans les rues de Perpignan. Il a un couteau à la main. "J’ai couru aussi vite que j’ai pu, je me suis cachée derrière un magasin, en priant qu’il ne me trouve pas. Il tournait. Il appelait. Il a fini par abandonner." 

Interrogé, Jacques Rançon lâche : 

- "C’est un ramassis de mensonges. De toutes façons, je peux pas me défendre…"

- "Expliquez vous", relance le président.

- "Je l’ai jamais frappée", commence-t-il.

Lolita se tourne vers le box. 

- "Tu m’as jamais frappée ? Les bleus, les coups de poing ? Les rapports de police ? La plainte ? Je les ai inventés ?"

La colère est maîtrisée, la voix de la jeune femme gronde.

- "Tu oses dire que tu m’as jamais frappée ? 

Jusqu'à l’uppercut final :

- "Pauvre merde".

Jacques Rançon se rassoit, rentre la tête dans les épaules.

Suite à sa condamnation, en 2012, pour menaces de mort et violences contre Lolita, l’ADN de Jacques Rançon est inscrit au fichier des agresseurs (FNAEG). 

Cet ADN qui va le confondre en 2014, dans l’affaire des disparues de la gare. "Tant mieux", dit-elle : "au moins, il ne fera plus de mal à personne."

Le procès se poursuit jusqu'au 26 mars. 

► SUIVRE | Le compte rendu de procès sur Twitter avec Corinne Audouin

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