Ils avaient tenté de bloquer le lycée Arago dans le XIIe arrondissement après la manifestation des fonctionnaires : quatorze mineurs ont été présentés à un juge ce jeudi soir. Parents et enseignants protestent contre ces interpellations et les gardes à vue prolongées.

Rassemblement devant le nouveau Palais de Justice de Paris.
Rassemblement devant le nouveau Palais de Justice de Paris. © Maxppp / Aurelien Morissard

Au total, ce sont une trentaine de mineurs qui ont été présentés à la justice à Paris. Ils font partie de la centaine de jeunes gens interpellés mardi soir, après la manifestation des fonctionnaires, alors qu'ils venaient d'entrer dans le lycée Arago, dans le XIIe arrondissement de la capitale.

Quatorze mineurs mis en examen

Vingt-sept mineurs ont été déférés aujourd’hui devant la justice, après une nuit au dépôt du nouveau palais de justice : forcément, ça pose question. Ils sont poursuivis, selon les cas, pour participation à un attroupement "en vue de commettre des dégradations ou des violences" ainsi que pour une "intrusion non autorisée dans un établissement scolaire".

Colère des parents et des professeurs

Quatorze d'entre eux ont été présentés ce jeudi soir devant le juge des enfants pour être mis en examen. Ils seront convoqués plus tard par le tribunal puisqu'en matière de justice des mineurs il n'y a pas de comparutions immédiates. Les treize autres sont présentés au parquet, pour se voir notifier un rappel à la loi, ou une mesure de réparation pénale, comme un stage de citoyenneté par exemple. Des sanctions modulées en fonction des faits reprochés et du profil de ces jeunes.

Au lycée Arago, on déplore des portes fracturées, 22 tablettes numériques volées, des tags, des vitres abimées... Mais les mineurs déférés aujourd'hui n'étaient pas les casseurs. Pour la plupart extérieurs au lycée Arago, ils avaient décidé d'aller occuper l'établissement, notamment pour protester contre Parcours Sup.

La police a été dépassée par le nombre : en tout, 128 personnes ont été placées en garde à vue à Paris mardi soir. Il a fallu les répartir dans les commissariats, trouver des officiers de police, des commissaires ont même mis la main à la pâte... Certains mineurs ont refusé de donner le numéro de leur parent, et même leur identité. Voilà comment certains parents n'ont su qu'à 3 heures du matin que leur enfant était en garde à vue.

Une centaine de parents, de professeurs et de lycéens ont manifesté jeudi soir devant le nouveau tribunal de Paris aux cris de "libérez nos camarades" ou "tout le monde déteste la police". Ils dénoncent des pratiques dignes d'un État policier et des mesures disproportionnées.

Les jeunes retrouvent ce soir leurs familles, après 48 heures qu'ils ne sont pas près d'oublier.

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