Maître Eolas a fermé son compte Twitter
Maître Eolas a fermé son compte Twitter © Radio France

Le juriste le plus connu du web ferme son compte Twitter. Condamné à 2.000 euros d'amende avec sursis et 5.000 euros de dommages et intérêt pour injure et diffamation envers envers l'Institut pour la justice (association qui prône un durcissement de la politique pénale), il a décidé de quitter les réseaux sociaux dans la foulée.

Le tribunal de Nanterre l'a condamné à 2.000 euros d'amende avec sursis et 5.000 euros de dommages et intérêts pour "injure" et "diffamation". Au téléphone, l'avocat-blogueur a indiqué ne vouloir faire aucun commentaire et affirme réfléchir à la possibilité de faire appel de cette condamnation.

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Il n'était pas présent au moment de l'énoncé du délibéré, pour des raisons indépendantes de sa volonté. En novembre 2011, il avait critiqué acidement l'association, via notamment un tweet envoyé en pleine nuit. L'IPJ avait lancé une pétition contre le laxisme judiciaire, recueillant 1,7 million de signatures. Maître Eolas mettait en doute ce décompte et s'opposait aussi aux positions de l'IPJ.

Suite à la condamnation, Maître Eolas a donc fermé son compte et abandonné ses 186 000 followers. Une décision qui a beaucoup fait parler sur les réseaux sociaux, où l'avocat parisien était particulièrement influent, avec un ton souvent décalé et une bonne dose d'humour parfois noir.

Une décision que regrettent aussi beaucoup de ses confrères, qui voyaient en lui un formidable vulgarisateur du système judiciaire, dont il décortiquait le fonctionnement sur son compte Twitter mais aussi sur son blog.

Pour Maître Éric Morain, également avocat et adepte de Twitter, c'est une perte pour le réseau social et ses utilisateurs

Il apportait un éclairage strictement juridique, parfois un peu caustique, qui permettait d'éviter certains contresens ou certaines réactions qui n'avaient rien à voir avec le droit ou la justice. Il faisait des livetweets de garde à vue qui permettaient à la majorité de ceux qui le suivaient, et qui n'ont jamais assisté à une garde à vue, de voir concrètement comment ça se passe. Et finalement, le grand pouvoir des juges et des policiers, c'est aussi le pouvoir de savoir, eux, ce qui va se passer et de mettre le justiciable dans une situation de vulnérabilité.

Même le bâtonnier de Paris a apporté son soutien à Maître Eolas, dans un tweet publié mercredi matin.

Dans un communiqué, l'Institut pour la justice s'est de son côté, réjoui :

L'Institut pour la Justice, think thank citoyen oeuvrant pour une justice plus protectrice des citoyens et plus équitable à l'égard des victimes, se réjouit de voir son honneur, son intégrité et son honnêteté rétablis à la suite de cette condamnation.

L'avocat de l'Institut pour la justice, Me Gilles-William Goldnadel a réagi :

Cela nous avait nui considérablement, vous connaissez les ravages d'Internet. On avait un réel préjudice.

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