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C'est le parcours du tireur Wiston Blam qui a cristallisé les tensions actuelles entre la police et la justice. L'homme était en cavale depuis mai dernier après une permission de sortie de prison qui selon les propres termes de Bernard Cazeneuve n'aurait jamais dû être accordée.

Les syndicats de police alertent depuis des mois le gouvernement sur l'immense fatigue des policiers face aux urgences actuelles qui s'empilent -lutte anti terroriste, pression migratoire, réseaux de cambrioleurs- CRS, enquêteur spécialisés dans la lutte contre le terrorisme, agents des brigades anti-criminalité et gardiens de la paix dans certaines quartier dit sensisbles, les "flics" se sentent aujourd'hui laché par une partie du monde judiciaire .

Modifier les conditions de la délivrance d’une permission

Céline Berthon, secrétaire générale du syndicat des commissaires de police, invitée du journal de 13h de France Inter

7000 policiers manifestent à Paris ce mercredi. Après la fusillade qui a eu lieu lundi dernier en Seine Saint Denis et qui a failli coûter la vie à un policier de 36 ans. L'auteur des coups de feu était un détenu en fuite qui n'était pas retourné dans sa cellule de prison après une permission obtenue en mai dernier. Les syndicats de police en appellent donc directement à François Hollande. Ils veulent à tout prix obtenir une réforme pénale, qui modifierait les conditions de la délivrance d'une permission.

Dans l'immense majorité des cas, les mesures de préparation à la sortie se passent très bien, mais personne n'en parle

Pour Ivan Guitz, ancien juge d'application des peines et membre du syndicat de la magistrature à Bordeaux, supprimer la permission serait une grave erreur car selon lui, le risque zéro n'existe pas. "Je pense qu'on créera un danger pour la société bien plus grand en supprimant les permissions. Si un prisonnier ne sort qu'à la fin de sa peine, il sera complètement désinséré, sans lien avec l'extérieur et représentera un risque de récidive bien plus grand. Dans l'immense majorité des cas, les mesures de préparation à la sortie se passent très bien, mais personne n'en parle."

Ivan guitz, ancien juge d'application des peines :

Laxisme vs manipulation politique ?

Eric Ciotti, député LR des Alpes Marîtimes et chargé des questions de sécurité Les républicains au micro de Laurence Peuron dénonce une situation "critique".

Eric Ciotti, député Les Républicains :

Le député socialiste de la Nièvre Christian Paul, chef de file des frondeurs, évoque, lui, une orchestration politique du malaise des policiers.

Christian Paul, député PS de la Nièvre :

Les policiers exigent enfin des actes pour modifier la loi pour simplifier le code de procédure pénale. yndicats de police et droite ont mis en cause la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui envisage de mieux encadrer les permissions de détenus. Christiane Taubira a précisé lundi qu'elle était prête à recevoir les représentants syndicaux policiers à l'issue du rassemblement .

Le ministre de l'Intérieur tente de rassurer

Bernard Cazeneuve pour sa part a tenté de rassurer les forces de l'ordre, à qui il a fixé sa traditionnelle feuille de route, alors qu'elles se disent "épuisées" par la lutte antiterroriste et la crise migratoire. "Il faut éviter les emportements et les amalgames et toutes propositions qui affaiblissent la relation entre la police et la justice ", a insisté M. Cazeneuve. "Je ne peux accepter que des policiers et des gendarmes puissent être atteints par des personnes qui devaient être en prison ", a-t-il dit dans un discours de plus d'une heure sans notes.

"A chaque fois qu'un policier ou un gendarme est outragé, une grande sévérité s'impose", a estimé le ministre pesant chaque mot, un exercice d'équilibriste toujours difficile pour tout "premier flic de France ", a indiqué Bernard Cazeneuve.

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