La manifestation des "gilets jaunes" samedi à Paris sur les Champs-Elysées, émaillée de violences, a donné lieu à 103 interpellations, selon un nouveau bilan de la Préfecture de police dimanche matin, qui a précisé que 101 personnes ont été placées en garde à vue.

Des violences ont émaillé la manifestation des Gilets jaunes sur les Champs-Élysées à Paris samedi
Des violences ont émaillé la manifestation des Gilets jaunes sur les Champs-Élysées à Paris samedi © AFP / Bertrand GUAY

Lors de la deuxième grande journée de mobilisation des "gilets jaunes" samedi, le rassemblement parisien sur l'avenue des Champs-Elysées, en partie interdite à toute manifestation, a été marquée par des heurts jusqu'en début de soirée.  

Jets de projectiles, feux de barricades de barrières de chantiers : des manifestants se sont opposés aux forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et des lances à eau. Des pompiers sont intervenus pour éteindre des feux de barricades, qui dégageaient d'épaisses fumées noires, s'ajoutant au brouillard blanc des gaz lacrymogènes. 

24 blessés dont des policiers

Les heurts ont fait 24 blessés, dont cinq côté forces de l'ordre, selon la Préfecture de police. 

Un homme de 27 ans a été placé en garde à vue dimanche, soupçonné d'avoir "gravement blessé à l'oeil" un policier "par un jet d'écrous" samedi soir lors de la dispersion du rassemblement sur les Champs-Elysées. 

Dimanche matin, une pelleteuse a enlevé l'une des dernières barricades jonchant la chaussée, tandis que plusieurs camions de la propreté de la capitale ont nettoyé l'avenue. 

Des parois d'abris-bus ont été cassées, tandis que plusieurs vitrines de commerçants étaient brisées. Dans un restaurant, du personnel s'affairait à remplacer des fenêtres brisées par des panneaux de bois, tandis que d'autres nettoyaient ou remettaient en ordre leurs terrasses.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a attribué les violences à des "séditieux" de l'ultradroite" répondant selon lui à l'appel de Marine Le Pen. 

Toujours des barrages dimanche en régions

En régions, des actions de "gilets jaunes" étaient encore observées dimanche dans le Var, sur des ronds-points et au péage de Saint-Maximin, sur l'autoroute A8. 

Onze personnes, dont deux mineurs, sont en garde à vue ce dimanche après les dégradations du péage de la Ciotat en marge du rassemblement des "gilets jaunes", selon France Bleu Provence.  

Plus tôt dans la journée, les autorités avaient indiqué l'interpellation d'une dizaine de personnes après les incidents de la nuit à La Ciotat, en précisant que ces personnes n'appartiennent pas au mouvement des "gilets jaunes". 

Les manifestants des "gilets jaunes", eux, sont actuellement sur place pour nettoyer le péage de la Ciotat, indique France Bleu Provence.

Dans le Vaucluse, plusieurs sorties et entrées d'autoroute à Avignon étaient fermées ou faisaient l'objet de barrages filtrants. 

En Nouvelle-Aquitaine la mobilisation continuait, avec parfois quelques barrages filtrants aux abords des centres commerciaux, ou sur des ronds-points stratégiques. 

Côté réseau routier, en début de matinée, un noyau dur de "gilets jaunes" tenait toujours sur l'A10, sous le contrôle de la gendarmerie. Le péage de Virsac, saccagé dans la semaine, restait fermé à la circulation dans les deux sens.  Autre point chaud de la contestation girondine, l'A63 à Canéjan était aussi fermée mais seulement dans le sens Bayonne-Bordeaux.

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