Les parents, leur fils et sa compagne comparaissent à partir de ce mardi 9 avril 2019 ; ils sont soupçonnés d'avoir logé des dizaines de ressortissants indiens dans des conditions indignes. L'affaire illustre le phénomène de "division pavillonnaire", contre lequel se battent les autorités de Seine-Saint-Denis.

L'un des pavillons est situé au Bourget, rue Edgar Quinet.
L'un des pavillons est situé au Bourget, rue Edgar Quinet. © capture d'écran

Dans cette affaire, pas d'immeuble insalubre. C'est au contraire dans des pavillons de quartiers résidentiels, en Seine-Saint-Denis, que se sont déroulés les faits pour lesquels comparaissent, devant le tribunal correctionnel de Bobigny, quatre membres d'une même famille, à partir de ce mardi 9 avril 2019.

Alertée par un signalement, la police découvre en février 2018 que 52 ressortissants indiens en situation irrégulière s'entassent dans une maison située sur la commune du Bourget. Dans une rue paisible et arborée, le pavillon est divisé en 18 logements occupant jusqu'au garage et aux combles.

150 000 euros de recettes par an

Les propriétaires, eux-mêmes de nationalité indienne, possèdent également une maison à Drancy où logent 14 sans-papiers. Leur fils et sa compagne, tous les deux trentenaires, sont soupçonnés d'avoir eu recours aux mêmes pratiques, à Bobigny. Les loyers étaient, semble-t-il, en grande partie versés en liquide, sans que les quittances ne soient délivrées. D'après l'enquête de police, ce business rapportait à la famille près de 150 000 euros par an

Les quatre suspects ont été placés en garde à vue au mois d'octobre et laissés libres en attendant leur procès, qui se déroulera sur deux journées.

D'après un rapport de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Île-de-France, l'habitat indigne représenterait 4% du parc immobilier privé de la région. Le taux s'élèverait à 7% en Seine-Saint-Denis qui figure parmi les départements les plus fortement touchés : immeubles dégradés, copropriétés paupérisées, habitat précaire, impropre à l'habitation ou encore pavillons de banlieue divisés de façon abusive. 

Le parquet de Bobigny entend bien sévir contre ceux qui profitent ainsi de la crise du logement et de la fragilité de certaines personnes.

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