Pour Maître Jean-Yves Le Borgne, avocat de Carlos Ghosn, la polémique sur le mariage de l'ancien patron de Renault à Versailles est un mauvais procès : il assure que son client n'était pas au courant que la location de la salle du Château était en fait assumée par l'entreprise dans le cadre d'une convention de mécénat.

Jean-Yves Le Borgne, en octobre 2014 à Paris
Jean-Yves Le Borgne, en octobre 2014 à Paris © AFP / Joël Saget

FRANCE INTER : Les faits semblent accuser Carlos Ghosn d'avoir commis un abus de bien social. Quelle réponse apportez-vous ? 

Me JEAN-YVES LE BORGNE : Mon client a payé la totalité des frais de son mariage. Renault n'a déboursé aucun centime dans cette affaire. Reste le problème de la location de la salle du Château où s'est déroulée cette réception. Cette location lui a été offerte sans qu'il sache qu'elle était, en même temps, déduite d'un quota de locations gratuites dont bénéficiait Renault. Lorsqu'on lui propose la mise à disposition de cette salle pour son mariage, il croit que c'est un cadeau qu'on lui fait. Voilà toute l'histoire ! 

Vous soutenez qu'un faux procès est fait à votre client ?

J'ai tendance à penser que nous sommes confrontés à un malentendu. J'observe qu'une enquête a été faite pendant trois mois par les services de Renault et que le seul problème qu'on ait trouvé est celui-ci.

Les circonstances sont difficiles pour s'en entretenir avec lui. Mais à partir du moment où il va prendre conscience qu'en réalité ce cadeau qu'il pensait lui avoir été fait à lui était, en quelque sorte, assumé par Renault, je suis sûr qu'il sera tout à fait pour que cette facturation, qui ne lui a pas été faite personnellement, le soit.

Carlos Ghosn semble quand même lâché par le groupe qu'il a façonné...

Renault n'a pas déposé de plainte contre lui, mais a signalé un fait qui lui semble mériter des éclaircissements. C'est tout. Donc que Renault le lâche, je n'irai pas jusque là. D'autant qu'il n'est d'ailleurs plus président de Renault, désormais. Et je ne veux pas faire de commentaires sur ce que disent les uns et les autres.

On apprend aussi qu'une soirée à 600 000 euros a eu lieu en 2014 pour les 15 ans de l'Alliance, date qui coïncidait avec les 60 ans de votre client. Simple hasard ?

Là, je crains que les imaginations ne s'emballent quelque peu. Il y a eu un dîner ce 9 mars 2014, et le carton d'invitation que j'ai pu retrouver dit bien qu'il a été organisé en l'honneur des partenaires qui ont aidé à la réussite de Renault-Nissan. On me dit (à ce jour) que le discours prononcé ce soir-là par Carlos Ghosn a été consacré à l'Alliance, qu'il n'y avait pas de gâteau d'anniversaire ce soir-là.

En revanche un autre dîner (privé) a bien eu lieu le lendemain, le 10 et c'est bien mon client qui a payé la note. Tout ça me conforte dans l'idée que le 9 mars, on faisait autre chose. Je veux bien qu'il y ait une coïncidence de dates, mais moi, je suis né le jour du débarquement, et je n'ai pourtant rien à voir avec la Deuxième Guerre mondiale.

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