Pas de chiffres précis, mais une assurance : le préfet de police des Bouches-du-Rhône Jean-Paul Bonnetain a confirmé ce midi l'arrivée de nouveaux policiers. Ils seront redéployés dans les quartiers de Marseille d'ici la fin de l'année.

Les élus marseillais réunis pour parler sécurité
Les élus marseillais réunis pour parler sécurité © La Provence / C Sollier

Ces nouveaux effectifs "significatifs" selon le préfet de police, s'ajouteront à ceux déjà prévus en août avec l'envoi d'une compagnie CRS supplémentaire et de 24 hommes de la police judiciaire.

Pendant deux heures, les principales figures politiques de la ville et les représentants de l'Etat -préfet de région et préfet de police- ont discuté de la violence qui secoue Marseille. Les règlements de compte, souvent liés au trafic de drogue, ont fait 15 morts depuis le début de l'année.

Les renforts de police sont la principale annonce de cette réunion dit Marie-Christine Lauriol

La mort jeudi d'un homme à la Ciotat et d'un autre dans le XIIIe arrondissement de Marseille, le fils du directeur sportif de l'OM José Anigo, a provoqué suffisamment d'émotions pour que la plupart des élus de la ville acceptent de mettre en sourdine leurs divisions et se retrouvent à cette table ronde. **Un plan de cohésion sociale d'ici la fin de l'année** _"Nous allons chaque fois qu'on le peut avancer ensemble sur des dispositifs, les emplois jeunes... tout ce qui pousse les jeunes vers autre chose, mettons en avant les jeunes de Marseille !"_ a expliqué à la sortie de la réunion la ministre déléguée aux handicapés et conseillère générale socialiste Marie-Arlette Carlotti. De son côté, le sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin, très sévère sur la gestion de ce dossier par le gouvernement, s'est dit _"d'accord pour une action commune"_ , rappelant que de son côté aussi il y aura des renforts policiers. 100 policiers municipaux supplémentaires seront recrutés portant à 435 les effectifs de la ville. D'après le préfet de région, Michel Cadot, les collectivités se sont toutes engagées à prendre des mesures notamment éducatives et sociales. Un plan de cohésion sociale devrait perdre forme d'ici trois mois. Une réunion d'étape est prévue dans un mois. Le Premier ministre a déjà annoncé le 20 août lors d'un déplacement à Marseille des mesures concrètes pour octobre. Jean-Marc Ayrault estimait alors qu'il fallait du temps pour _"casser les gangs et l'économie souterraine du trafic de drogue."_ Il y a près d'un an, un comité interministériel était consacré à Marseille prévoyant la création d'une métropole, des mesures de soutien scolaire, un renforcement des effectifs policiers. **Un consensus politique fragile** Cette réunion a rassemblé seize élus socialistes et UMP. Le Front National, troisième force politique de la ville, n'a pas été invité. Les élus présents à la réunion se sont engagés à ne pas exploiter le thème de la sécurité lors de la campagne des élections municipales. La primaire socialiste aura lieu les 13 et 20 octobre à Marseille. Les querelles politiques ne disparaitront pas dit le député PS Patrick Mennucci
Une réunion mal préparée estime la députée UMP Valérie Boyer
Il y a eu cependant des voix divergentes. Avant de participer à la réunion, le député socialiste Patrick Mennucci a regretté la présence à cette table-ronde d'un autre socialiste Jean-Noël Guérini. Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône est soupçonné notamment d'associations de malfaiteurs dans une affaire de marché public présumé frauduleux. Il sera aussi jugé l'an prochain pour détournements de fonds publics. C'est aussi l'une des raisons qui a conduit le sénateur UMP Bruno Gilles a décliné l'invitation à cette réunion. Il l'a expliqué dans le journal de 13h de France Inter, il parle de _"mascarade"_ et _"d’opération politique."_
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