Prison de Maubeuge
Prison de Maubeuge © MaxPPP

Une évacuation exceptionnelle. Après une coupure de courant survenue dans la nuit de jeudi à vendredi à cause d'un incendie, les 400 détenus de la prison de Maubeuge dans le Nord ont été transférés vers d'autres établissements.

Une prison plongée dans le noir, aux serrures parfois inopérantes : 176 détenus du centre pénitentiaire de Maubeuge (Nord) ont été évacués sans incident dans la nuit de jeudi à vendredi en raison d'une panne d'électricité due à un incendie sans doute accidentel qui s'est déclaré jeudi après-midi sans faire de blessés.

L'opération s'est poursuivie ce vendredi après-midi alors que la garde des Sceaux, Christiane Taubira était attendue sur place. L'évacuation des 192 détenus restant a débuté à la mi-journée. Un escadron de 100 gendarmes mobiles, 10 motards et 129 personnels pénitentiaires ont pris part à cette deuxième vague. Des détenus dirigés vers les établissements de Douai, Sequedin et Annoeullin.

Le reportage d'Antoine Sabbagh de France Bleu Nord

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Le reportage d'Antoine Sabbagh

"Black-out total"

L'incendie s'est produit à 15H30 jeudi. Un feu électrique au niveau de la maintenance qui "a endommagé un câble à haut voltage de 20.000 volts", a expliqué le secrétaire régional de l'Ufap-Unsa justice, Laurent Scassellati. Ses collègues se sont alors retrouvés "dans un black-out total" et privés d'électricité et de chauffage.

La question d'une évacuation, une opération rare et délicate, "s'est vite posée"; d'après Bruno Clément-Petremann, sous-directeur de l'état-major de sécurité à la direction de l'administration pénitentiaire :

On ne peut pas laisser dans le froid la population carcérale, même si les températures sont en ce moment plutôt clémentes (...) Mais même si cela avait eu lieu en plein été, on aurait dû évacuer car il est difficile de fonctionner sans électricité

Vers 20H30, l'administration pénitentiaire, a donc décidé de procéder à l'évacuation, qui s'est poursuivie durant une partie de la nuit. Selon Bernard Chalureau, représentant du syndicat pénitentiaire FO, ces transferts sécurisés s’organisent lentement mais dans le calme. Les détenus considérés comme les plus dangereux ont été évacués par fourgon cellulaire, tandis que les autres l'ont été en bus.

Une évacuation pas banale raconte Christophe Loyer, syndicaliste Ufap-Unsa Justice qui se trouvait sur place :

Cette nuit, c'était impressionnant, ils ont coupé l'autoroute exprès

"Il y a toujours un risque mais ce n'est pas une première", selon Laurent Scassellati, de l'Ufap-Unsa justice, rappelant l'incident d'une "chaudière claquée à la prison de Béthune il y a 3 ans" et selon qui l'évacuation s'était alors "bien passée".

Une prison ouverte en 1990

Les quelque 380 détenus de Maubeuge ne pourront regagner leur prison qu'après des travaux durant d'une semaine à une semaine et demie, selon les estimations du directeur interrégional pénitentiaire, Alain Jégo. "Ce sont des travaux assez lourds parce que ce sont de très gros câblages électriques qui sont détruits", a-t-il expliqué.

Le centre pénitentiaire de Maubeuge, ouvert en 1990 et situé à 80 km de Lille, comporte une maison d'arrêt avec des prévenus en attente de jugement et un centre de détention avec des prisonniers en fin de peine. Il ne compte pas de quartier de haute sécurité.

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