La situation des mineurs isolés, seuls en France après avoir fui la guerre ou la misère la révolte. Ambre Benitez ne veut plus que Sadou, 16 ans, dorme dans la rue.

La demande d'asile de Sadou aurait dû être légalement enregistrée dans les plus brefs délais, mais on le lui a refusé
La demande d'asile de Sadou aurait dû être légalement enregistrée dans les plus brefs délais, mais on le lui a refusé © Maxppp / Vincent Isore

Ils seraient environ 8 000 en France, des mineurs qui selon la Convention internationale des droits de l'enfant, ont le droit fondamental à une assistance. Mais l'assistance se fait souvent attendre, beaucoup trop, s'insurge cette jeune avocate, qui vient d'entamer un bras de fer avec la Préfecture de police de Paris à propos d'un jeune de 16 ans qui dort dans la rue depuis près d'un an, et à qui l'administration met des bâtons dans les roues, pour une demande d'asile à laquelle il a pourtant droit.

Ambre Benitez est une jeune avocate engagée auprès des plus démunis, se bat depuis des semaines pour Sadou, un adolescent guinéen qui est arrivé seul en France, à 16 ans. Cela fera bientôt un an que Sadou survit comme il peut, dehors, sans famille.

Avec l'aide d'associations, il a tenté de faire cet été une demande d'asile qui aurait dû être légalement enregistrée dans les plus brefs délais. Sauf qu'on lui a refusé. Alors, maître Benitez a saisi la justice, le tribunal administratif de Paris.

Elle a obtenu une victoire en référé, le 9 août 2017, le juge des référés condamnant la préfecture de police de Paris à accepter le dépôt de dossier de Sadou avant le 14 août. Mais quand Sadou est retourné au guichet unique de demande d'asile, à la Préfecture de police de Paris, le guichetier a refusé de se plier à la condamnation et a renvoyé Sadou dans la rue en lui disant de ne revenir déposer son dossier que le 6 octobre prochain.

Une décision scandaleuse, aux yeux de son avocate

Ambre Benitez s'insurge que Sadou soit "maintenu dans des conditions de vie extrêmement pénibles, du fait du comportement de l'administration qui refuse toujours d'enregistrer sa demande d'asile. Il est maintenu dans la rue, seul, sans la possibilité d'être suivi par un éducateur, sans ressources."

L'avocate a donc décidé de saisir à nouveau le tribunal administratif de Paris contre la Préfecture de police. C'est un bras de fer "usant mais fréquent", dit-elle. Dans huit cas sur dix, selon elle, la prise en charge d'un mineur isolé prend du temps. Et quand la situation se débloque enfin, souvent, il a atteint sa majorité.

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