Avant le réquisitoire de l’avocat général Luc Frémiot, ce matin, les jurés ont entendus les plaidoiries des parties civiles hier.

Plaidoirie au procès Kabou
Plaidoirie au procès Kabou © Radio France / Juliette Ducloy / ESA

Celle de l’avocat Christian Saint-Palais, pour la défense de Michel Lafon, ancien compagnon de Fabienne Kabou et père d’Adélaïde, en particulier :

"Je vais parler pour un homme qui est une victime dans ce dossier et j’ai le sentiment que je vais encore, ce soir, avoir besoin de le défendre. Avez-vous la conscience de ce que cet homme a vécu depuis le 29 novembre, quand le téléphone a sonné dans l’atelier ? Il a appris que sa fille est morte, que sa fille a été tuée, que sa fille a été tuée par sa compagne …

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Cet homme, il a tout encaissé et il est resté debout, élégant, digne. Et je n’ai pas aimé, après que l’enquête a exploré toutes les pistes, je n’ai pas aimé qu’on vienne bousculer

cette élégance. Est-il trop choquant que nous nous interrogions sur le fait qu’Adélaïde ait été heureuse? Michel Lafon veut aussi que nous retenions de ce procès que pendant ces 15 mois, elle a été massée, cajolée, elle a existé. C’est une petite fille qui a été heureuse d’être aimée. La fin de l’histoire ne change rien à cette réalité là.

La seule fois qu’ils ont quitté l’atelier à trois, c’est le 19 novembre. Pour quelques centaines de mètres … jusqu’à l’arrêt de bus. Elles, elles partent pour la lune de Berck et lui ne le sait pas. La station à laquelle il les laisse s’appelle “Demi-lune”.

Fabienne Kabou dans le box des accusés
Fabienne Kabou dans le box des accusés © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Qu’est-ce qu’il veut? Et à quoi a-t-il droit? Michel Lafon c’est le père d’une petite fille qui a été tuée. Michel Lafon est sur le banc de la partie civile sans se plaindre, mais avec une exigence : que justice soit bien rendue.

Vous avez trois des plusfameux experts psychiatres de France venus vous aider à rendre une décision. N’ayez pas peur de dire “je fais confiance aux médecins qui sont venus”. Sans doute ont-ils hésité entre l’abolition qui aurait pu empêcher la tenue d’un procès et l’altération qu’ils vous disent très marquée. Nous vous demandons de prendre en considération ce que les médecins vous disent. Vous avez une place pour une sanction mais vous allez juger une femme malade.

Ca n’est qu’à ce prix à notre sens que vous remplirez l’oeuvre de justice, comme nous l’attendons."

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