le procès du mediator ouvert à nanterre en présence de jacques servier
le procès du mediator ouvert à nanterre en présence de jacques servier © reuters

Le tribunal de Nanterre, présidé par Isabelle Prevost-Desprez, a écarté les questions de procédure soulevés par les prévenus. Le procès des Laboratoires Servier peut donc véritablement débuter. Les avocats des laboratoires Servier réclamaient la fusion de la procédure de Nanterre avec celle en cours à Paris.

Le procès de Jacques Servier et des laboratoires du même nom pour "tromperie aggravée" dans l'affaire du Mediator s'est poursuivi mercredi à Nanterre, le tribunal correctionnel ayant rejeté une demande de renvoi.

Les premières victimes parties civiles ont été entendues, décrivant chacunes des problèmes cardiaques apparus quelques temps après la première prise du Mediator.

La défense, ainsi que certaines parties civiles, avaient demandé mardi son report, une instruction étant ouverte en parallèle pour les mêmes faits au tribunal de grande instance de Paris.Le tribunal correctionnel de Nanterre a indiqué qu'il se prononcerait en fin de procès sur les autres questions soulevées.

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En l'absence du principal prévenu, Jacques Servier, 91 ans, l'audience a repris mercredi avec l'exposé des faits par les parties civiles. La charge de la preuve incombe aux victimes présumées dans cette procédure, lancée par voie de citations directes.

Retiré du marché en 2010, après plus de vingt ans de commercialisation, le Mediator provoquait des valvulopathies et de l'hypertension pulmonaire, selon la plus récente expertise. Ce médicament pourrait être à l'origine de 220 à 300 décès à court terme et 1.300 à 1.800 décès à long terme, selon cette même expertise.

Les laboratoires Servier, qui l'ont commercialisé, sont soupçonnés d'avoir dissimulé la vraie nature du Mediator, un coupe-faim présenté comme antidiabétique. Jacques Servier et quatre anciens responsables du groupe encourent quatre ans de prison et 75.000 euros d'amende. Les laboratoires Servier et la société Biopharma risquent 375.000 euros d'amende.

Le résumé de la première journée d'audience

Jacques Servier, 91 ans, s'est présenté mardi devant le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine), où il doit être jugé pour "tromperie aggravée" dans l'affaire du Mediator.

Son procès s'est toutefois ouvert dans un contexte incertain, la défense et certaines parties civiles demandant son annulation ou son report en raison de l'avancée d'une instruction menée en parallèle au Tribunal de grande instance de Paris.

L'avocat de Jacques Servier, Me Hervé Temime, a déclaré en référence à des propos tenus par son client:

Jacques Servier est là aujourd'hui pour vous dire qu'il ne se fout pas de vous. Il doit y avoir un procès, mais chacun sait que ce procès doit avoir lieu au terme de l'instruction qui a lieu à Paris. La vérié ne peut pas être rendue dans votre juridiction avec une cécité pareille.

Une nouvelle expertise, dont les premiers éléments ont récemment été communiqués par le parquetde Paris, est notamment en voie de finalisation.Le président-fondateur des laboratoires Servier a décliné d'une voix faible sa date de naissance et son adresse.

Retiré du marché en 2010, après plus de vingt ans de commercialisation, le Mediator provoquait des valvulopathies et de l'hypertension artérielle pulmonaire, selon plusieurs études.Il pourrait être responsable de 220 à 300 décès à court terme et 1.300 à 1.800 à long terme, selon la plus récente expertise.

Les laboratoires Servier, qui l'ont commercialisé, sont soupçonnés d'avoir dissimulé la vraie nature du médicament, un coupe-faim présenté comme antidiabétique.Jacques Servier, les laboratoires du même nom, la société Biopharma et quatre anciens responsables du groupe sont poursuivis pour "tromperie aggravée". Le patron des laboratoires Servier encourt quatre ans de prison et 70.000 euros d'amende.

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