mise en examen de l'agence nationale de sécurité du médicament dans l'affaire du mediator
mise en examen de l'agence nationale de sécurité du médicament dans l'affaire du mediator © reuters

La question se pose quand on sait que sa cousine Isoméride a été interdite en 1997. Le Médiator, lui, est retiré du marché en 2009. Mais qui est responsable? Les avocats des laboratoires Servier tentent de démontrer que c'est l'Afssaps qui aurait du agir.

Cet après-midi, le tribunal a entendu Jean-François Bergmann, ancien vice-président de la commission des autorisations de mise sur le marché (AMM) de l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament, anciennement Afssaps) et Christian Riché, responsable du centre régional de pharmacovigilance de Brest.

Les questions de la défense ont porté sur une éventuelle responsabilité des instances de pharmacovilance dans l'interdiction tardive du Mediator, en 2009 en France.

Maître Hervé Temime, avocat de Jacques Servier a ainsi déclaré:

La déposition de Christian Riché est un procès accablant des autorités sanitaires.

Lui donnant presque raison, Jean-François Bergmann, ancien vice-président de la commission de l'AMM (entre 2003 et 2012) reconnaît:

Ce qu'Irène Frachon a réalisé en 2009, l'Agence du médicament aurait dû le faire cinq ou six ans plus tôt.

En bonus: le Mediator pour les nuls par Irène Frachon

Ce matin à l'audience, il a de nouveau été beaucoup question du positionnement du Mediator par les laboratoires Servier. Pour le professeur Philippe Lechat, ancien directeur d'évaluation des médicaments à l'Afssaps (Agence française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), aujourd'hui devenue ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Medicament) les choses sont claires et logiques : il s'agit d'une stratégie commerciale délibérée du groupe Servier de présenter le Mediator comme un médicament totalement différent des anorexigènes, ces médicaments coupe-faim comme le Pondéral ou l'Isoméride, deux médicaments des laboratoires Servier interdit en 1997.

L'audience en direct

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Les autres journées d'audience:

Jeudi: audition d'Irène Frachon, pneumologue qui a révélé les dangers du Mediator

Mercredi: les premières victimes témoignent

Mardi: bataille de procédure, le procès doit-il se tenir?

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