Après la diffusion d'une vidéo de menaces visant la France, le cabinet de Gérald Darmanin appelle les préfets à "des mesures de vigilance propres à la menace terroriste pour les mois de juillet et d'août". Le parquet national antiterroriste a, de son côté, décidé d'ouvrir une enquête préliminaire sur ces images.

Gérald Darmanin à l'Élysée le 19 juillet 2021
Gérald Darmanin à l'Élysée le 19 juillet 2021 © AFP / Xose Bouzas / Hans Lucas

Le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a envoyé, mercredi, une note aux préfets, afin de les prévenir d'une menace terroriste accrue "dans le cadre de la reprise partielle des activités économiques et culturelles au cours des deux mois d'été". Dans ce document que France Inter a pu consulter, et dont l'existence a été révélée ce vendredi matin par Europe1, le ministère appelle à veiller tout particulièrement à la menace "endogène", autrement dit, au risque d'attaques perpétrées à leur initiative par des personnes résidant en France, sans assistance d'organes étrangers.

Enquête ouverte

Cet appel à une vigilance accrue fait suite à la diffusion sur Internet, le 15 juillet, d'une vidéo mise en ligne par un organe de propagande du groupe terroriste Al-Qaïda. Ce film d'une quarantaine de minutes, dont le ministère de l'Intérieur souligne "le potentiel de diffusion important", cite très régulièrement la France et la diffusion des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo. Le pays y est présenté comme menant une guerre contre l'Islam, dans la continuité des Croisades.

Le parquet national anti-terroriste a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire au sujet de ces images, pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "provocation a des actes de terrorisme par un service de communication au public en ligne".

Des cibles désignées

Emmanuel Macron y apparaît à de nombreuses reprises, que ce soit via des extraits de son discours du 2 octobre 2020 aux Mureaux "sur la lutte contre les séparatismes", ou lors de la réception de chefs d'État du monde arabe présentés comme des traîtres à la cause islamiste. Gérald Darmanin est également cité à plusieurs endroits, notamment lors d'une interview dans laquelle il s'exprime sur la fermeture de mosquées jugées radicalisées. 

Les vidéos de l'attaque de Charlie Hebdo, présentée par les auteurs de la vidéo comme "bénie" y sont également montrées plusieurs fois. Des images du palais de justice de Paris sont, quant à elle, accompagnées de commentaires faisant état d'un "simulacre de procès" des attentats de janvier 2015. Trois attentats avaient frappé la France peu après l'ouverture de ce procès, en septembre 2020, comme le rappelle le  cabinet du ministre de l'Intérieur dans sa note aux préfets, insistant sur le fait que le procès des attentats du 13-Novembre qui doit s'ouvrir le 8 septembre 2021 sera également "à fort retentissement médiatique".

Le ministère appelle donc à veiller à cette menace "endogène et exogène" via les réunions hebdomadaires en préfecture des groupe d'évaluation départementaux (GED) et de cellules de prévention de la radicalisation et d'accompagnement des familles (Cpraf), et à sécuriser les rassemblements par les mesures correspondant au niveau Vigipirate "sécurité renforcée risque attentat".