L'IUT de Saint-Denis. Une enquête judiciaire est en cours.
L'IUT de Saint-Denis. Une enquête judiciaire est en cours. © Wikimedia Commons

Depuis un an et demi, les dirigeants de l'IUT de Saint-Denis sont la cible de menaces récurrentes, d'injures racistes et d'agressions physiques. Certains ont même été menacés de mort. Une enquête judiciaire est en cours depuis un an. L'affaire pourrait être liée à des règlements de comptes en interne sur fond de détournement d'argent.

Les ennuis commencent fin 2013 lorsque les dirigeants de l'Institut universitaire de Saint-Denis décident de mettre en place une nouvelle organisation interne pour faire des économies. Ils découvrent alors de graves dysfonctionnements au sein du "département des techniques de commercialisation". Le responsable des études, également professeur de comptabilité, est destitué pour des soupçons d'emplois fictifs et de détournements de fonds.

C'est ce qui a mis le feu aux poudres, selon Patrick Vassallo, le président de l'IUT de Saint-Denis :

Le directeur de l'IUT s'est fait confirmer un certain nombre de dysfonctionnements graves : des cours annulés faute de professeur, des examens organisés dans des conditions irrégulières, et surtout 196.000 euros d'heures d'enseignement qui n'ont pas pu être justifiés. Ceux qui ont été payés n'avaient pas reçu l'agrément des autorités universitaires.

Un droit de retrait qui ne passe pas

Depuis, les principaux dirigeants de l'IUT sont la cible de menaces et d'agressions à répétition. Mais la direction de l'université Paris 13, dont dépend l'Institut universitaire de Saint-Denis, reste silencieuse. Au grand dam de Patrick Vassallo :

C'est la troisième ou la quatrième fois que je suis menacé. Mais c'est la première fois que je porte plainte, car cette affaire dure depuis plus d'un an et demi. La direction de l'université et le ministère doivent maintenant prendre aujourd'hui les mesures qui s'imposent pour que l'on retrouve des conditions de fonctionnement normal.

La semaine dernière, les sept membres du personnel visés par ces attaques ont voulu faire jouer leur droit de retrait car ils craignent pour leur sécurité. Mais leur demande a été rejetée par la direction de l'université Paris 13 dont dépend l'IUT. Son président, Jean-Loup Salzmann, refuse de parler de cette affaire pour ne pas "compliquer", dit-il, le travail de la police et de la justice.

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