L'ancien patron de la lutte antidrogue a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi notamment pour complicité de détention, transport et acquisition de stupéfiants.

L'ancien patron des stups mis en examen
L'ancien patron des stups mis en examen © AFP / JEAN-PIERRE CLATOT

François Thierry a été entendu pendant plus de 10 heures à propos de la saisie en octobre 2017, par les douanes, de sept tonnes de cannabis, une saisie record.

L'avocat de François Thierry, Maitre Francis Szpiner a estimé que cette mise en examen était un mauvais signal dans la lutte contre le trafic de drogue :

Aujourd'hui, les trafiquants peuvent se réjouir, parce qu'on vient de condamner des méthodes avec une formidable hypocrisie. Ce qui est sûr, c'est que c'est un coup d'arrêt qui est donné à la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Plusieurs cadres de la police font l'objet d'une enquête qui s'intéresse aux pratiques supposées douteuses de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Octris), dans la lutte contre les trafics.

Toute la stratégie antidrogue passée au grill

Pour faire tomber des réseaux criminels et obtenir des saisies spectaculaires, les policiers auraient notamment caché l’existence d’informateurs-clé et l’ampleur des quantités de drogue importées sous leur surveillance. Livraisons surveillées, nombre d'infiltrations d'agents sans précédent : François Thierry, gérait lui-même un informateur, l'un des plus grands trafiquants de drogue en France, mis sous protection policière.

"Quand vous avez consacré des années de votre vie à mener la lutte contre les trafiquants de drogue, par des manières inédites de procéder, avec des résultats exceptionnels, ce que personne n'a jamais contesté, eh bien vous avez un sentiment d'écœurement quand, brusquement, on essaie de vous ravaler au rang de ceux que vous avez combattu pendant des années", a dénoncé Me Francis Szpiner :

François Thierry est un grand flic

Les explications d'Emmanuel Leclère :

"Il est hors de question qu'il y ait le moindre soupçon d'enrichissement personnel ou de corruption, et c'est pour cela que ces qualifications n'ont même pas été envisagées" par le parquet de Paris, a souligné l'avocat.

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